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Économie

Le FMI menace de suspendre son aide à l’Ukraine

Corruption
OLJ
11/02/2016

Le Fonds monétaire international (FMI) tape du poing sur la table en Ukraine : l'institution a menacé hier de couper l'aide financière cruciale qu'elle a promise à Kiev face aux « lenteurs » de la lutte anticorruption dans le pays.
« Sans de nouveaux efforts significatifs pour améliorer les réformes en matière de gouvernance et combattre la corruption, il est difficile de voir comment le programme soutenu par le FMI peut continuer », a tonné la directrice générale du FMI, Christine Lagarde, dans un communiqué.
Le feu couvait depuis la semaine dernière et la démission surprise du ministre ukrainien de l'Économie Aivaras Abromavicius. Cette figure de proue de la lutte anticorruption avait claqué la porte en dénonçant des entraves aux réformes et des tentatives d'imposer des personnalités « douteuses » dans son équipe. Mme Lagarde avait alors fait part de son « inquiétude » et va aujourd'hui bien plus loin en dénonçant la persistance des « intérêts politiques dissimulés » dans le pays et en mettant le gouvernement ukrainien au pied du mur. « Il est essentiel que les autorités ukrainiennes agissent maintenant pour remettre le pays sur la voie des réformes », a-t-elle martelé hier.
Si sa menace d'un désengagement était mise à exécution, le FMI gèlerait tous les futurs prêts prévus par le plan d'aide de 17,5 milliards de dollars sur quatre ans accordé en mars 2015 à l'Ukraine en contrepartie de réformes drastiques. Pour l'heure, 6,7 milliards de dollars ont été déboursés. C'est surtout la clé de voûte du programme d'assistance international à l'Ukraine qui s'effondrerait, au risque de déstabiliser davantage un pays déjà aux prises avec une grave récession économique et un conflit avec les séparatistes prorusses dans l'est.
Le FMI est, de loin, de premier bailleur du fonds du pays qui espère également se financer, dans une moindre mesure, grâce à un allègement de sa dette, à des prêts bilatéraux et aux banques de développement multilatérales. Le montant total du plan d'aide international avait été évalué à quelque 40 milliards de dollars.
Conscient du risque, le Premier ministre ukrainien Arseni Iatseniouk a aussitôt réagi au coup de semonce du FMI en réaffirmant sa volonté de réformer l'ancienne république soviétique, frappée par une corruption endémique. « Les jeux politiques, en cours ces derniers temps, risquent de coûter trop cher au pays », a affirmé le dirigeant qui avait mis sa démission dans la balance la semaine dernière.
(Source : AFP)

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