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Économie - Diplomatie Économique

La France se place résolument aux côtés de Cuba pour la levée de l’embargo américain

François Hollande et Raul Castro ont ouvert hier à Paris un nouveau chapitre des relations franco-cubaines, concrétisé par un accord sur la dette qui étouffe l'économie de l'île.

Raul Castro a salué devant la presse « la volonté exprimée par les autorités françaises d’accompagner et de participer de façon plus active aux projets de développement économique et social de Cuba ». Stéphane de Sakutin/Reuters

François Hollande a apporté hier un soutien franc et massif à la levée de l'embargo commercial américain qui frappe Cuba depuis 1962, au côté du leader cubain Raul Castro, à Paris pour la première visite d'un président cubain dans la capitale française depuis celle de son frère Fidel en 1995.
« Le président Obama, qui a fait que l'on progresse, doit – et il l'a dit lui-même – aller jusqu'au bout et permettre qu'il puisse y avoir la fin de ce vestige de la guerre froide », a lancé le président français sous les ors de l'Élysée. « Cet embargo, ce blocus doivent être maintenant effacés pour que Cuba prenne pleinement sa place et c'est la volonté de ce pays, c'est la volonté de la communauté internationale », a-t-il enchaîné à la plus grande satisfaction de son hôte. Cuba « apprécie la position de la France en faveur de la levée du blocus économique américain », a d'ailleurs répondu ce dernier dans la foulée. À la mi-janvier, Barack Obama avait lui-même appelé une nouvelle fois le Congrès américain à lever l'embargo contre Cuba, un an après l'amorce d'une normalisation diplomatique historique entre les deux anciens ennemis de la guerre froide. Cet embargo interdit toujours aux Américains d'investir sur l'île, Washington menaçant en outre de fortes amendes les entreprises présentes aux États-Unis et qui se risquent à faire des affaires avec La Havane.
François Hollande a également annoncé un geste supplémentaire de la France à l'égard de Cuba après la conclusion de l'accord trouvé le 12 décembre dernier entre le Club de Paris, présidé par la France, et Cuba sur la restructuration de 16 milliards de dollars de dettes pour lesquelles La Havane avait fait défaut en 1986. Les sommes dues aux pays occidentaux et au Japon s'élevaient à 11,9 milliards de dollars, dont 4,6 milliards pour la France.

« Premier partenaire »
Conformément à cet accord, « la France procédera comme les autres créanciers à l'annulation des intérêts de retard (3,7 milliards d'euros, soit 4 milliards de dollars), et verra la totalité du principal et des intérêts originels (530 millions d'euros, soit 577 milliards de dollars) apurés », précise l'Élysée.
Dans le cadre d'une conversion des créances françaises envers Cuba, « un fonds franco-cubain doté de plus de 200 millions d'euros » sera par ailleurs créé « pour accélérer les projets d'investissements de la France à Cuba » en finançant une part des coûts locaux de ces projets «, a précisé l'Élysée. Les projets appelés à être soutenus seront sélectionnés par l'Agence française de développement, qui va ouvrir prochainement une antenne à Cuba.
Raul Castro a salué devant la presse « la volonté exprimée par les autorités françaises d'accompagner et de participer de façon plus active aux projets de développement économique et social de Cuba. »
Comme attendu, le président Hollande s'est montré en revanche assez peu disert sur la question du respect des droits de l'homme à Cuba, souvent pointée du doigt par les ONG, déclarant simplement : « Nous n'avons écarté aucun sujet aussi bien sur le plan politique que sur le plan économique, y compris le droit des personnes. »
À l'occasion de cette visite, la France entendait s'affirmer comme le « premier partenaire » politique et économique européen de l'île des Caraïbes en renforçant la présence de ses entreprises dans un pays qui s'ouvre progressivement à l'économie de marché. Outre l'accord sur la dette et une feuille de route économique, des déclarations conjointes ont été signées sur le tourisme, le commerce équitable ou le transport ferroviaire. Plusieurs grandes entreprises françaises ont investi à Cuba, à commencer par le groupe Pernod-Ricard qui y produit le rhum Havana Club, mais aussi Alcatel-Lucent dans les télécommunications et Total et Alstom dans l'énergie. Mais avec un volume de quelque 180 millions d'euros annuels (soit 196 milliards de dollars), les échanges commerciaux restent à un niveau très faible. Ils « ne sont pas encore à la hauteur de nos ambitions. »
Paris voit en La Havane un « élément clé » de la relance de sa relation avec l'Amérique latine. Comme un lointain écho au voyage historique du général de Gaulle en 1964, le président français effectuera fin février une tournée en Amérique latine qui le conduira au Pérou, en Argentine et en Uruguay.
(Sources : agences)

François Hollande a apporté hier un soutien franc et massif à la levée de l'embargo commercial américain qui frappe Cuba depuis 1962, au côté du leader cubain Raul Castro, à Paris pour la première visite d'un président cubain dans la capitale française depuis celle de son frère Fidel en 1995.« Le président Obama, qui a fait que l'on progresse, doit – et il l'a dit lui-même – aller jusqu'au bout et permettre qu'il puisse y avoir la fin de ce vestige de la guerre froide », a lancé le président français sous les ors de l'Élysée. « Cet embargo, ce blocus doivent être maintenant effacés pour que Cuba prenne pleinement sa place et c'est la volonté de ce pays, c'est la volonté de la communauté internationale », a-t-il enchaîné à la plus grande satisfaction de son hôte. Cuba « apprécie la position de la...
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