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Économie - Focus

Avec ses nouveaux Airbus, l’Iran rêve d’être un pôle aéronautique régional

L'Iran a affiché sa volonté de rejoindre au plus vite le concert des nations en signant jeudi une mégacommande de plus de 25 milliards de dollars avec l'avionneur européen Airbus, à l'occasion de la visite du président iranien Hassan Rohani à Paris.
L'accord signé entre la compagnie aérienne Iran Air et Airbus, pour des livraisons rapides, comporte 73 long-courriers, dont 16 A350-1000 et 12 très gros porteurs A380, et 45 monocouloirs, soit 118 appareils, a indiqué l'avionneur à l'issue de la cérémonie de signature à l'Élysée.
« L'Iran est un pays de 80 millions d'habitants, à la fois proche de l'Europe et de l'Asie, qui a un niveau d'éducation élevé, une diaspora à l'étranger. Donc, il va y avoir un développement très fort du trafic aérien, c'est une évidence », s'est réjoui le patron d'Airbus, Fabrice Brégier, dans un entretien téléphonique avec l'AFP. « Je pense que Téhéran peut devenir un des grands hubs de la région, au même titre que Dubaï, Doha ou Istanbul, donc l'A380 aura toute sa place », a ajouté M. Brégier.
« L'annonce faite aujourd'hui est une première étape en vue de rétablir le prestige du secteur de l'aviation civile dans la région et, aux côtés de partenaires tels qu'Airbus, nous assurerons des niveaux de service inégalés », a déclaré Farhad Parvaresh, le président d'Iran Air.
Outre ces commandes d'avions, les représentants iraniens ont signé avec Airbus un deuxième accord portant sur « un package complet de coopération dans le secteur de l'aviation civile ». Il porte sur le développement des services de navigation aérienne (ATM), l'exploitation des aéroports et des avions, l'harmonisation des réglementations, la formation académique et technique, la maintenance, les réparations et la coopération industrielle. Selon M. Brégier, les Iraniens visent des livraisons au plus tôt.
L'industrie du transport aérien était soumise à un embargo américain datant de 1995 empêchant les constructeurs occidentaux de vendre des appareils et des pièces détachées aux compagnies iraniennes, clouant au sol une partie de leur flotte. Il avait été partiellement levé par un accord intérimaire sur le nucléaire signé en novembre 2013 par l'Iran et les grandes puissances.
Selon le chef de l'Organisation iranienne de l'aviation civile, le pays aura besoin de 400 à 500 avions de ligne dans la prochaine décennie pour rénover sa flotte vétuste. Elle est aujourd'hui composée de 140 avions en activité, dont la moyenne d'âge est d'environ 20 ans. « Nous avons négocié en un temps record, en une semaine », a révélé Fabrice Brégier, en déclarant espérer une signature rapide du contrat définitif. Des autorisations spéciales sont nécessaires dès lors que plus de 10 % des équipements sont américains, ce qui est le cas dans l'aéronautique. « Je l'espère, dès lors que nous aurons les autorisations préalables d'exportation américaine, a-t-il dit. J'espère que cela ne prendra pas beaucoup de temps. Donc c'est compatible avec des livraisons cette année. » « Nous espérons pouvoir livrer quelques A320 (moyen-courriers) et A330 (long-courriers) dès cette année », a-t-il ajouté en soulignant que « le besoin est effectivement immense ».
Concernant l'A380, M. Brégier a indiqué que « la première livraison est prévue en 2019 ».
Pour Jean-Louis Drospy, analyste aéronautique au cabinet Argon Consulting, « il est clair que l'Iran veut rompre la glace et reprendre une place dans la région. Et ce à deux titres : en s'approvisionnant aussi bien aux États-Unis qu'en Europe afin de diversifier leurs échanges commerciaux, et en tirant le meilleur parti de leur situation géographique pour concurrencer le modèle de "hub" des pays du Golfe », a-t-il ajouté à l'AFP.
Djallal MALTI/AFP

L'Iran a affiché sa volonté de rejoindre au plus vite le concert des nations en signant jeudi une mégacommande de plus de 25 milliards de dollars avec l'avionneur européen Airbus, à l'occasion de la visite du président iranien Hassan Rohani à Paris.L'accord signé entre la compagnie aérienne Iran Air et Airbus, pour des livraisons rapides, comporte 73 long-courriers, dont 16 A350-1000 et 12 très gros porteurs A380, et 45 monocouloirs, soit 118 appareils, a indiqué l'avionneur à l'issue de la cérémonie de signature à l'Élysée.« L'Iran est un pays de 80 millions d'habitants, à la fois proche de l'Europe et de l'Asie, qui a un niveau d'éducation élevé, une diaspora à l'étranger. Donc, il va y avoir un développement très fort du trafic aérien, c'est une évidence », s'est réjoui le patron d'Airbus, Fabrice...
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