Il est d'usage, en cette époque surtout, d'honorer les figures publiques à leur mort et d'énumérer leurs performances artistiques à grands coups d'encensoir alors qu'ils ne sont plus là pour entendre les louanges. Ces artistes (car c'est bien d'eux dont on parle) consacrent toute leur vie non seulement à parfaire leur talent, mais à égayer, colorer, transformer notre vie. Le sens de leur parcours tire également son essence de la volonté de plaire et de se faire aimer. Il est donc inique de ne leur rendre justice que post mortem. Surtout que l'ère appartient aux réseaux sociaux, à la nouvelle rapide, à la communication interplanétaire. Comment expliquer qu'un Michel Galabru, énorme bonhomme de son vivant, qui nous a fait tellement rire, tellement pleurer, n'ait que quelques colonnes juste après sa mort. Comment expliquer aussi qu'Alan Rickman, certainement pas médiatisé, ni médiatique parce que ses news n'intéressaient ni les paparazzi ni les couvertures de magazine, ne soit honoré que lors de sa disparition. On entendra certains dire : « Ah oui, c'était le vilain de Die Hard et le très vilain de Robin des Bois », alors qu'à l'époque, pour les cinéphiles avertis, Alain Rickman a quasiment fait de l'ombre au beau Kevin Costner autant sa présence était charismatique et hypnotique.
Ni statues, ni fleurs, ni couronnes, mais un simple salut l'artiste de temps en temps. Qui prouve qu'ils sont bien vivants.
Cinema- - Entre Parenthèses
Aimons-les (et honorons-les) vivants
OLJ / Par Colette KHALAF, le 28 janvier 2016 à 00h00

