Dans un monde où toutes sortes d'injustices règnent, où violence, intolérance et tyrannie enchaînent les mains du peuple, où l'amour du pouvoir rend aveugles ceux qui le veulent, à quelle solution faut-il avoir recours, à part la révolution, au nom de la justice et de la liberté ? Y a-t-il autre chose à faire que de crier haut et fort pour réclamer le respect des droits de l'homme ?
Mais comment crier sans que ça ne tombe dans l'oreille d'un sourd... ?
Il y a ceux qui trouvent que l'explosion d'une bombe pourrait faire entendre nos appels. Mais il y a d'autres aussi qui trouvent que la bombe, au contraire, couvrirait nos cris pour créer une nouvelle forme de violence qui ne fera qu'empirer le mal ! Qui, au lieu de sécher les larmes, en fera couler d'autres. Qui, au lieu de protéger des enfants de la menace des armes, les poussera à en porter, voire même à tuer. Alors, faut-il vraiment combattre le sang par le sang pour voir enfin la paix prédominer? La révolution n'a-t-elle pas d'autres significations que la mort, les pleurs et le feu? Vouloir fuir la violence, c'est fuir la guerre, fuir le mal; alors pourquoi en provoquer?
Certes, devant l'injustice il ne faut jamais baisser les bras. Il faut faire en sorte de gommer les inégalités, de faire face à la force injuste du pouvoir et à ceux qui croient nous faire peur. Il faut tuer la haine et le racisme, pour donner naissance à la tolérance! Mais comment ?
À l'aide des mots, à l'aide de la passion, à l'aide de la foi et avec l'aide de Dieu. Nous pouvons écrire, nous pouvons créer, nous pouvons chanter, danser. L'amour est le seul remède pour aboutir à la sérénité. Grâce à lui, nous sommes plus forts, plus téméraires. C'est peut-être une idée abstraite que de parler d'amour et de dire qu'il pourra nous sauver, mais si on y pense vraiment, amour rime avec solidarité, avec respect, avec entraide. Sémantiquement parlant.
L'amour, s'il est transmis et s'il jaillit à travers nos cœurs, à travers nos âmes et nos regards, pourra transpercer ce nuage gris qui nous étouffe. Sa lueur pourra illuminer ceux qui vivent dans l'obscurité. Offrons l'amour, offrons le sourire, et la paix viendra à nous !
Mais reste, hélas, un défi de taille qui menace toute cette révolution pacifique pour la paix : des groupes de gens au cœur dur comme la pierre, des gens assimilables à des morts-vivants, inhabités de l'intérieur, au regard vide. Rien ne pourra les changer, sinon la force qui détruirait peut-être leur fanatisme, leur égoïsme et leur avidité.
Malheureusement donc, la violence est parfois nécessaire pour combattre la tyrannie. Sinon, comment détruire un rocher à part le jeter du haut d'une falaise ?
Nos lecteurs ont la parole - Cindy Abou Chacra
Une plume qui voit rouge
OLJ / le 27 janvier 2016 à 00h00

