Klaus Regling, à la tête du Mécanisme européen de stabilité, a estimé qu’il « n’y aurait pas de réduction, mais une aide portant sur le profil de la dette ». Yuha Shino/Reuters
Le dirigeant du fonds de soutien de la zone euro (MES), Klaus Regling, a exclu hier à Tokyo toute réduction de la dette grecque et préconisé plutôt des assouplissements pour le remboursement, tout en renvoyant ces discussions après l'évaluation des réformes promises.
« Il n'y aura pas de réduction, mais une aide portant sur le profil de la dette », a-t-il affirmé lors d'une conférence au club des correspondants étrangers du Japon. « On peut penser par exemple à un allongement des maturités ou encore à un report du paiement des intérêts », a-t-il détaillé. L'idée est d'alléger le fardeau de la dette du pays, qui atteint près de 200 % de son produit intérieur brut, surtout quand « les intérêts grimperont en 2022 », a expliqué le patron du MES (Mécanisme européen de stabilité).
À propos d'une éventuelle diminution des coûts des crédits grecs octroyés lors du premier paquet d'aide en 2010, M. Regling a déclaré : « Cela aiderait la Grèce si les prêts antérieurs accordés par les pays européens sur une base bilatérale étaient refinancés par le MES ou si le MES reprenait à son compte les prêts du FMI. » « Ce sont des discussions théoriques parmi les universitaires, mais c'est un scénario peu probable, a-t-il ajouté. Financièrement, cette option réduirait le service de la dette et rencontrerait de sérieux obstacles politiques. »
Les discussions sur ce sujet n'interviendront qu'après la conclusion de la première évaluation des réformes que doit mener la Grèce en contrepartie d'une aide financière de la part de ses créanciers, a rappelé M. Regling. « Cela devrait prendre deux mois et ce n'est pas facile », a-t-il confié, évoquant parmi les « difficultés » la refonte du système des retraites et « les nécessaires actions budgétaires de la Grèce pour atteindre les objectifs fixés ».
Dans cette optique, le Parlement doit engager l'examen du projet gouvernemental de réforme des retraites qui prévoit de réduire de 1,8 milliard d'euros (1,95 milliards de dollars) le montant annuel des pensions. Devant les députés, le Premier ministre Alexis Tsipras a défendu le projet de réforme, une mesure selon lui difficile mais nécessaire pour éviter une implosion du système. « Pour payer les retraites en 2016, le système de sécurité sociale (...) doit trouver 980 millions d'euros supplémentaires (1,06 milliard de dollars) », a-t-il dit.
Après un long et intense bras de fer, Athènes et ses créanciers internationaux étaient parvenus à s'entendre en juillet sur l'octroi d'un troisième plan d'aide financière pouvant aller jusqu'à 86 milliards d'euros (93,3 milliards de dollars) à la Grèce.
En échange, le gouvernement du leader de la gauche radicale, Alexis Tsipras, avait dû accepter un programme de réformes drastiques assorti d'un calendrier serré.
Le MES, doté d'une force de frappe considérable, est un instrument mis en place pour répondre aux demandes d'assistance financière de la part d'États membres de la zone euro.
Cet organisme permanent est venu remplacer en octobre 2012 le Fonds européen de stabilité financière (FESF) qui avait été créé en 2010 comme mécanisme temporaire. À eux deux, ils ont soutenu cinq pays à hauteur de 254,5 milliards d'euros (276,1 milliards de dollars), a rappelé Klaus Regling. Si la Grèce est « un cas spécial », les quatre autres – Irlande, Portugal, Espagne et Chypre – sont des « réussites », a-t-il estimé.
(Source : Reuters)


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