Des travailleurs palestiniens refoulés hier à l’entrée de la colonie de Tekoa au sud de Jérusalem à la suite de la décision des autorités israéliennes d’interdire l’accès aux colonies. Menahem Kahana/AFP
Israël a arrêté hier un adolescent palestinien soupçonné d'avoir tué une Israélienne dans une colonie de Cisjordanie occupée, un meurtre qui a conduit Israël à fermer temporairement les colonies aux milliers de Palestiniens qui y travaillent. Dafna Meïr, infirmière de 38 ans, a été tuée en présence de certains de ses six enfants chez elle dans la colonie d'Otniel, dimanche dans l'une de ces attaques au couteau qui éprouvent depuis plus de trois mois les nerfs des Israéliens. L'émotion soulevée du fait de la personnalité de la victime et des circonstances de sa mort a été renforcée par une nouvelle attaque au couteau : de nouveau contre une femme, enceinte qui plus est, et de nouveau à l'intérieur d'une colonie. L'auteur de l'attaque, un Palestinien de 17 ans, a été blessé par balles et capturé.
Les forces israéliennes ont mis moins de 36 heures pour retrouver l'auteur présumé de l'attaque contre Dafna Meïr. Une vidéo diffusée par l'armée israélienne montrent un commando d'hommes armés, casqués et le visage masqué progressant à pas de loup en pleine nuit vers la maison du suspect, communiquer par signes à l'intérieur de la maison, puis surprendre une ou deux personnes apparemment dans leur sommeil. Les médias israéliens et palestiniens ont largement identifié le suspect comme un Palestinien de 15 ou 16 ans, du village palestinien de Beit Amra, à quelques kilomètres d'Otniel.
« Détruire la maison du terroriste »
« Il n'a rien à voir avec ça », a dit à l'AFP son oncle Khader, « c'est un jeune garçon et il ne peut pas avoir fait ça ». Cependant, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu n'a pas attendu la fin des investigations pour annoncer, lors d'une visite inopinée à Otniel : « Nous allons détruire la maison du terroriste. »
Les attaques de dimanche et hier se distinguent dans cette routine quasi journalière. Les violences n'avaient pas véritablement franchi les portes gardées des colonies, ces villes ou villages israéliens implantés sur les territoires palestiniens occupés par Israël depuis 1967. La mort de Dafna Meïr a suscité l'inquiétude qu'elle ne donne des idées aux milliers de Palestiniens qui entrent tous les jours dans les colonies pour y travailler. L'armée israélienne a décidé de fermer les colonies aux travailleurs palestiniens, au moins pour la journée d'hier, et à l'exception des zones d'activités économiques. Elle réévaluera la situation au jour le jour. « Le couvre-feu ou les interdictions de passage seraient une grave erreur, ils se retourneraient contre les intérêts israéliens », a dit ouvertement le chef d'état-major Gadi Eisenkot hier. Environ 400 000 colons israéliens mènent une coexistence conflictuelle avec 2,5 millions de Palestiniens en Cisjordanie. La Cisjordanie, Jérusalem et Israël sont secoués depuis début octobre par les violences et, en premier lieu, les attaques au couteau de Palestiniens isolés contre des membres des forces de sécurité israéliennes et des civils. Cette spirale au développement incertain a fait 155 morts palestiniens et 24 israéliens depuis le 1er octobre, selon un décompte de l'AFP.
Critiques de la colonisation
Le choc causé par le meurtre de Dafna Meïr n'a pas préservé Israël de tensions grandissantes avec l'Union européenne et les États-Unis sur la colonisation, considérée comme un obstacle majeur à la création d'un État palestinien et à la paix.
Dan Shapiro, l'ambassadeur des États-Unis, principal allié d'Israël, s'est exprimé en termes exceptionnellement tranchés sur les colonies et a ouvertement évoqué « l'impression » qu'Israël pratiquait deux justices : « Une pour les Israéliens et une pour les Palestiniens. »
L'Union européenne avait elle aussi dénoncé lundi la colonisation, provoquant une vive réaction du gouvernement israélien. Ce n'est pas la colonisation, mais le refus palestinien de reconnaître un État juif et les incitations à la haine qui sont à l'origine des violences, a dit M. Netanyahu.
(Source : AFP)


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine