Des soldats irakiens ayant capturé des membres du groupe EI dans la province de Diyala, au nord de Bagdad. Younis al-Bayati/AFP
La séance a été suspendue hier au Parlement irakien, les députés sunnites protestant contre les attentats qui visent leur communauté dans l'est de l'Irak et qui semblent être des représailles aux bombardements du groupe jihadiste sunnite de l'État islamique (EI) contre les chiites. Les députés se sont brièvement réunis hier et ont décidé d'ajourner les débats jusqu'à jeudi.
Dans un communiqué, les députés sunnites appellent le Premier ministre Haïder el-Abadi à dissoudre et désarmer les milices chiites qu'ils accusent d'être derrière les dernières attaques contre la ville de Moukdadiya, située à 80 km au nord-est de Bagdad. « La Coalition des forces irakiennes (...), en tant que représentant de la composante sunnite en Irak, annonce (...) le boycott par ses membres des deux prochaines séances du Parlement et du gouvernement, pour condamner ce qui se passe à Moukdadiya », indique le communiqué lu par le député Ahmad Massari. « Nous exigeons la dissolution et le désarmement des milices chiites », précise-t-il.
Le ministre irakien de l'Intérieur n'a pas publié de bilan des victimes sunnites à Moukdadiya et dans les villages alentour de la province de Diyala. Mais selon Raad el-Dahlaki et Nahida el-Daini, deux députés sunnites de la province de Diyala où est située Moukdadiya, 43 personnes ont été tuées la semaine dernière dans cette ville et neuf mosquées attaquées à la bombe incendiaire. Salah Mouzahim, un autre député, parle de
plus de 40 morts.
De son côté, l'organisation Badr, milice chiite soutenue par l'Iran, qui est la force de premier plan à Diyala, a affirmé que le nombre de victimes cité par les députés sunnites est faux. « Oui, il y a des gens qui ont été tués, mais ce chiffre est exagéré », a déclaré à Reuters Mohammad Nadji, un des conseillers du chef de Badr, Hadi el-Amiri. Il explique que les attaques contre les mosquées sunnites sont le fait de gens qui veulent attiser les tensions intercommunautaires à Diyala. La province, qui relie Bagdad à la frontière iranienne, a une population mixte de chiites et de sunnites. Les miliciens chiites se sont déployés à Moukdadiya à la suite de deux explosions qui ont fait 23 morts dans un café où ils avaient l'habitude de se réunir. L'État islamique a revendiqué l'attentat, en précisant qu'il visait les chiites.
La montée des violences entre chiites et sunnites représente un nouveau défi pour le Premier ministre irakien, un chiite modéré qui tente de rallier les sunnites modérés à la lutte contre les fondamentalistes du groupe État islamique qui, malgré des pertes, occupe toujours de larges portions de l'Irak et de la Syrie.
(Source : Reuters)


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