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À La Une - proche-orient

Deux Israéliennes poignardées en 24 heures dans des colonies de Cisjordanie

"Quiconque tente de nous nuire, nous le traduirons en justice (...) et il paiera le prix fort", martèle Netanyahu.

Dafna Meïr, une infirmière de 38 ans, mère de six enfants, a été tuée à coups de couteau dans sa maison dans une colonie au sud de la ville de Hébron en présence de plusieurs de ses enfants, âgés de 4 à 17 ans, selon les médias israéliens. Elle a été inhumée à Jérusalem lundi matin en présence de plusieurs centaines de personnes. REUTERS/Ronen Zvulun

Deux Israéliennes, une infirmière mère de six enfants et une femme enceinte, ont été poignardées en 24 heures dans des colonies de Cisjordanie occupée, provoquant l'émotion en Israël et la crainte que les violences palestiniennes ne prennent une nouvelle dimension.

Les violences ont jusqu'alors surtout visé les hommes, et n'avait pas véritablement franchi les portes gardées des colonies de Cisjordanie, ces villes ou villages israéliens implantés sur les territoires palestiniens occupés par Israël depuis 1967.

La personnalité des victimes et les circonstances des attaques ont ajouté à l'émoi israélien.
Dafna Meïr, attaquée chez elle dimanche dans la colonie d'Otniel, a succombé à ses blessures le jour même à l'âge de 38 ans après s'être battue pour défendre ses enfants. Elle est la première Israélienne tuée de la sorte à l'intérieur d'une colonie depuis longtemps.
Michal Froman, âgée de 30 ans et enceinte de cinq mois, a été poignardée à son tour lundi en pleine rue à l'extérieur d'un magasin de vêtements dans une autre colonie, Tekoa, ont indiqué l'armée et la porte-parole de l'hôpital de Shaare Tzedek où elle a été admise.
Ses jours ainsi que ceux du bébé ne sont pas en danger, a dit l'hôpital.
Son agresseur, un Palestinien de 17 ans, a été blessé par balles par les forces de sécurité. L'agresseur de Dafna Meïr, un Palestinien lui aussi selon l'armée israélienne, a pris la fuite.

Ces deux attaques se signalent dans la routine quasiment quotidienne des attentats. Le quotidien Yedioth Ahronoth soulignait que Dafna Meïr avait été attaquée chez elle. Jusqu'alors, la violence se produisait "sur la route, dans les ruelles, à des arrêts de bus ou de train. Une ligne nette départageait la menace posée par le monde extérieur et la sécurité du foyer. A présent, cette ligne est brisée".

Dafna Meïr inhumée à Jérusalem
Un grand nombre des attentats, commis pour la plupart par des Palestiniens isolés, ont visé des soldats (des deux sexes), des policiers ou des colons. Des femmes ont été tuées (comme Naama Henkin le 1er octobre avec son mari ou Hadar Buchris le 22 novembre). Mais les attentats ont été perpétrés aux abords des colonies, notamment aux intersections desservant les implantations et les villages palestiniens.
Environ 400.000 colons israéliens mènent une coexistence conflictuelle avec 2,5 millions de Palestiniens en Cisjordanie.

Les forces israéliennes assurent la sécurité des colonies dont les accès sont gardés. Mais environ 26.000 Palestiniens travaillent dans les colonies où ils perçoivent souvent des salaires notablement plus élevés qu'avec des employeurs palestiniens.
Les colonies du sud de la Cisjordanie ont fermé leurs portes aux travailleurs palestiniens lundi. Dans la journée, l'armée a fait évacuer en camions les employés palestiniens de l'important bloc de colonies du Goush Etzion, proche des lieux de l'attaque contre la femme enceinte.

Des centaines de personnes ont bravé le froid et la poussière pour enterrer Dafna Meïr dans le vaste cimetière minéral de Har Hamenouhot sur les hauteurs de Jérusalem.

 

(Lire aussi : Palestine : d'un blocage tragique à une fenêtre d'opportunité ?)

 

"Regarde, maman..."
"Regarde, maman, combien de personnes sont venues t'accompagner", a dit devant la foule d'amis, de collègues, de colons, de religieux et de ministres sa fille Renana, 17 ans, sous les yeux de son père brisé qui serrait dans ses bras deux autres filles.
"Une heure avant, nous discutions du vernis à ongles que je devais mettre. Tu ne m'escorteras jamais à mon mariage. Je n'ai pas pu t'aider au pire moment", a-t-elle balbutié dans les sanglots.

Dafna Meïr travaillait comme infirmière à Beer-Sheva, en Israël, où elle soignait indifféremment Israéliens et Palestiniens, ont souligné les médias israéliens. Deux de ses enfants étaient adoptés.

Les violences ont fait 155 morts palestiniens et 24 israéliens depuis le 1er octobre, selon un décompte de l'AFP. La majorité des Palestiniens tués sont des auteurs ou auteurs présumés d'attaques, contre des civils ou des membres des forces israéliennes, commises principalement à l'arme blanche.
Un Américain et un Erythréen ont également trouvé la mort dans ces violences.

L'ambassadeur des Etats-Unis en Israël Dan Shapiro et l'envoyé spécial de l'Onu au Proche-Orient Nickolay Mladenov ont fermement condamné ces deux récentes attaques. Dans un communiqué, M. Mladenov s'est dit "alarmé" devant la "volatilité" de la situation.
Mais l'ambassadeur américain, s'exprimant à Tel-Aviv, a aussi remis en question la politique israélienne de colonisation, qui laisse les Etats-Unis "inquiets et perplexes". En outre, "de trop nombreuses attaques" de la part de colons contre des Palestiniens et l'absence d'enquêtes "vigoureuses" des autorités israéliennes donnent "parfois l'impression d'un double standard dans le respect de l'Etat de droit: un pour les Israéliens et un autre pour les Palestiniens", a-t-il dit.

 

 

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Deux Israéliennes, une infirmière mère de six enfants et une femme enceinte, ont été poignardées en 24 heures dans des colonies de Cisjordanie occupée, provoquant l'émotion en Israël et la crainte que les violences palestiniennes ne prennent une nouvelle dimension.Les violences ont jusqu'alors surtout visé les hommes, et n'avait pas véritablement franchi les portes gardées des...
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Les martyrs palestiniens n'ont pas de nom ? ?

FRIK-A-FRAK

14 h 17, le 18 janvier 2016

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Commentaires (1)

  • Les martyrs palestiniens n'ont pas de nom ? ?

    FRIK-A-FRAK

    14 h 17, le 18 janvier 2016

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