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Nos lecteurs ont la parole - Antoine Sabbagha

Le barrage de Bisri, une menace certaine

Partout dans le monde, des barrages colossaux sont en construction. Officiellement, il s'agit d'accroître l'accès des populations à l'électricité et de soutenir la croissance économique. Mais au Liban, on se demande à qui profite vraiment ces grands barrages et, en particulier, celui de Bisri ?
Des millions de tonnes de béton seront utilisées, leur édification créera d'immenses retenues d'eau qui submergeront des terres cultivées ; et en plus, dans le cas de Bisri, les forêts qui s'étendent de Machmouché, village dans une belle plaine verte, seront submergées par des tonnes d'eau. Cela va entraîner la décomposition de nombreuses matières organiques libérant de grandes quantités de gaz à effet de serre, comme le méthane et le protoxyde d'azote, respectivement 25 et 300 fois plus puissants que le CO2. Au final, ces ouvrages contribueront à 4 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre, soit plus que le secteur aérien. Et le plus grave dans ce projet, le nombre important de personnes qui vont être déplacées à cause de ces travaux que la guerre civile, durant quinze ans, n'a pas pu réussir à déloger. Sans oublier bien sûr la diminution des terres fertiles et des ressources halieutiques, la baisse de la qualité de l'eau, ce qui entraînera des maladies, mais surtout la déforestation de la seule région qui garde encore sa robe verte au Liban. Enfin, le plus dangereux reste cette faille sismique bien connue dont l'épicentre est évidemment Bisri.
De grâce messieurs, arrêtez ce carnage et ces barrages aux quatre coins de notre pauvre pays.

Antoine SABBAGHA

Partout dans le monde, des barrages colossaux sont en construction. Officiellement, il s'agit d'accroître l'accès des populations à l'électricité et de soutenir la croissance économique. Mais au Liban, on se demande à qui profite vraiment ces grands barrages et, en particulier, celui de Bisri ?Des millions de tonnes de béton seront utilisées, leur édification créera d'immenses retenues d'eau qui submergeront des terres cultivées ; et en plus, dans le cas de Bisri, les forêts qui s'étendent de Machmouché, village dans une belle plaine verte, seront submergées par des tonnes d'eau. Cela va entraîner la décomposition de nombreuses matières organiques libérant de grandes quantités de gaz à effet de serre, comme le méthane et le protoxyde d'azote, respectivement 25 et 300 fois plus puissants que le CO2. Au final, ces...
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