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Économie - Éclairage

L’économie, clé du rapprochement diplomatique entre le Soudan et l’Arabie saoudite

Longtemps l'un des seuls alliés sunnites de l'Iran, le Soudan a suivi l'Arabie saoudite début janvier en rompant ses liens diplomatiques avec Téhéran. Khartoum a affirmé répondre ainsi aux attaques contre des missions diplomatiques saoudiennes en Iran après l'exécution par Riyad du cheikh chiite Nimr el-Nimr.
Mais la décision de rompre avec l'Iran s'explique par des « raisons pragmatiques », explique à l'AFP Al-Tayeb Zein al-Abidine, professeur de sciences politiques à l'université de Khartoum en soulignant que le Soudan a besoin des investissement saoudiens pour relancer son économie vacillante.
Le Soudan est soumis depuis des années à des sanctions internationales en raisons d'atteintes aux droits de l'homme et de son soutien à certains islamistes extrémistes, dont feu Oussama ben Laden. Le président Omar el-Béchir, au pouvoir depuis 26 ans, fait lui-même l'objet d'un mandat d'arrêt de la Cour pénale internationale pour des accusations de génocide au Darfour (Ouest).
En 1991, le Soudan, qui soutenait l'invasion du Koweït par l'Irak, avait rompu ses liens avec les pays du Golfe, se tournant alors vers l'Iran. Mais il s'agissait d'une « relation de commodité », dépourvue « d'engagement idéologique fort », estime l'analyste indépendant Magdi el-Gizouli. Cette relation a déjà pris un coup en septembre 2014 lorsque des responsables soudanais ont ordonné la fermeture d'un centre culturel iranien à Khartoum, accusant ses employés de prêcher un islam chiite dans ce pays à majorité sunnite. « Ils ont fermé le centre pour envoyer un signal à l'Arabie saoudite », alors que l'économie vacillait, a indiqué à l'AFP une source diplomatique à Khartoum.

11 milliards d'investissements
Outre les sanctions, l'indépendance du Sud-Soudan en 2011 a privé Khartoum de trois quarts des réserves pétrolières. « Le principal moteur des relations étrangères est la situation de la "Banque du Soudan" », estime M. Gizouli, en référence à l'économie du pays.
Après que le Soudan a rompu ses relations avec l'Iran, le chef adjoint de sa mission à Riyad a rencontré le directeur de la Chambre de commerce saoudienne pour discuter de nouveaux projets économiques et financiers. Selon des chiffres officiels, la valeur des investissements saoudiens s'élève actuellement à 11 milliards de dollars.
En mars 2014, les banques saoudiennes avaient interrompu leurs liens avec le Soudan, compliquant les transferts d'argent. Mais après l'engagement surprise au Yémen, un an plus tard, du Soudan aux côtés de la coalition menée par Riyad pour combattre les houthis, des responsables ont affirmé que ces mesures pourraient être levées.
Malgré ce rapprochement avec Riyad, l'économie soudanaise bat toujours de l'aile. Et l'Arabie saoudite fait elle-même face à des difficultés en raison de la chute des cours du pétrole. Khartoum espère toutefois que les Saoudiens l'aideront à convaincre les États-Unis de lever les sanctions. « Chaque pays mène sa politique étrangère en fonction de ses intérêts (et) l'intérêt du Soudan est aujourd'hui économique », confie la source diplomatique précitée.
(Source : AFP)

Longtemps l'un des seuls alliés sunnites de l'Iran, le Soudan a suivi l'Arabie saoudite début janvier en rompant ses liens diplomatiques avec Téhéran. Khartoum a affirmé répondre ainsi aux attaques contre des missions diplomatiques saoudiennes en Iran après l'exécution par Riyad du cheikh chiite Nimr el-Nimr.Mais la décision de rompre avec l'Iran s'explique par des « raisons pragmatiques », explique à l'AFP Al-Tayeb Zein al-Abidine, professeur de sciences politiques à l'université de Khartoum en soulignant que le Soudan a besoin des investissement saoudiens pour relancer son économie vacillante.Le Soudan est soumis depuis des années à des sanctions internationales en raisons d'atteintes aux droits de l'homme et de son soutien à certains islamistes extrémistes, dont feu Oussama ben Laden. Le président Omar...
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