Sécurité renforcée dans le 18e arrondissement de Paris où un homme a perpétré une attaque la semaine dernière contre un commissariat. Photo AFP
L'homme tué la semaine dernière en attaquant un commissariat parisien vivait dans un foyer de demandeurs d'asile en Allemagne, selon la police, une révélation potentiellement embarrassante au moment où la politique généreuse du gouvernement allemand à l'égard des réfugiés est décriée.
L'homme vivait « dans un foyer de demandeurs d'asile » à Recklingshausen, ville de la Ruhr (Ouest), que la police a perquisitionné samedi, a indiqué la police régionale. « Aucun indice de possibles autres attaques » n'a été trouvé, a-t-elle assuré, précisant avoir agi sur information des autorités françaises.
La police n'a pas précisé si cet homme, dont l'identification est toujours en cours mais qui a été reconnu par ses proches comme un Tunisien nommé Tarek Belgacem, était dûment enregistré comme demandeur d'asile en Allemagne. Mais une source proche du dossier a indiqué à l'AFP que c'était effectivement le cas.
De son côté, le ministre français de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, a déclaré hier que l'homme en question n'avait pas de complices à sa connaissance. « J'appelle chacun », notamment les médias, « à la plus grande prudence », a t-il ajouté concernant les dernières informations à propos de cet homme.
Concernant l'assaillant du commissariat, des zones d'ombres demeurent dans l'enquête, notamment sur son identité et son profil. Des Tunisiens se présentant comme des proches de l'auteur ont rejeté samedi tout lien avec des groupes extrémistes. « Pourquoi ont-ils tué mon fils ? Il est allé (au commissariat) pour son passeport », a réagi une femme, présentée comme la mère.
Des jihadistes ont été suspectés récemment d'agir en Europe en se faisant passer pour des réfugiés. Deux des kamikazes qui se sont fait exploser en novembre au Stade de France près de Paris sont soupçonnés d'avoir agi de la sorte en passant par une île grecque avec des passeports dérobés en Syrie.
Connu en Allemagne pour ses sympathies jihadistes
Une profession de foi en faveur de l'organisation État islamique (EI) a été retrouvée sur le terroriste qui a sévi contre le commissariat parisien, de même qu'une puce allemande pour téléphone portable, ce qui a orienté les recherches vers ce pays. L'hebdomadaire Welt am Sonntag affirme que l'homme s'était fait enregistrer en Allemagne sous quatre identités différentes et en donnant des nationalités variables, syrienne, marocaine ou encore géorgienne. Il avait déposé sa demande d'asile sous le nom de Walid Salihi, selon le journal, et était connu pour ses sympathies jihadistes. L'homme avait peint un symbole de l'EI sur un mur de son foyer et, selon l'édition en ligne du Spiegel, aussi posé dans le centre avec un drapeau de l'organisation, ce qui a amené les autorités locales à le classer comme potentiellement dangereux. Toutefois, il a disparu de Recklingshausen au mois de décembre, ajoute Spiegel Online.
Le maire de la ville, Christoph Tesche, a fait part hier de sa « consternation » en apprenant que l'assaillant habitait dans sa commune. « Il reste de notre devoir de fournir un abri aux gens qui fuient leur pays car ils craignent pour leur vie. Mais il est aussi de notre devoir, notamment à l'égard des citoyens (en Allemagne), de faire en sorte que des gens ayant de telles intentions ne se cachent pas dans nos centres », a-t-il dit.
L'affaire est susceptible d'alimenter les critiques à l'égard de la chancelière Merkel et de sa politique d'ouverture aux réfugiés, alors que le nombre d'arrivées en 2015 a dépassé le million.
Trump : « Pauvre Allemagne ! »
Mme Merkel a annoncé ce week-end des expulsions facilitées pour les demandeurs d'asile enfreignant la loi, sous la pression des agressions en série contre des femmes à Cologne le soir du Nouvel An, pour lesquelles des réfugiés et immigrants illégaux sont « en grande partie » suspectés, selon la police locale.
Aux États-Unis, le milliardaire américain Donald Trump a soufflé sur les braises en dépeignant une image de chaos en Allemagne dont les réfugiés seraient responsables. « Pauvre Allemagne, ils créent une émeute dans les rues de Cologne ! a clamé le candidat aux primaires républicaines, ce qui se passe est incroyable, avec les crimes et les viols (...) les gens arrivent par millions, et ce qui se produit en Allemagne est inconcevable. »
(Source : AFP)


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