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Moyen Orient et Monde - Transition

Le gouvernement tunisien remanié en quête d’un nouvel élan, mais déjà critiqué

La presse, notamment, n'est pas convaincue que les changements survenus après une année difficile seront positifs.

Le Premier ministre tunisien, Habib Essid. Fethi Belaid/AFP

Le Premier ministre tunisien, Habib Essid, a largement remanié son gouvernement pour lui donner un nouveau souffle, mais des critiques fusent déjà alors que la Tunisie aborde une année décisive sur les plans sécuritaire et économique.
Le remaniement de mercredi soir comprend trois changements parmi les ministères régaliens, dont l'Intérieur, qui focalise l'attention dans un pays sous état d'urgence quasi permanent depuis l'été dernier. Najem Gharsalli y est remplacé par Hédi Majdoub. Technocrate de 46 ans, M. Majdoub avait occupé dans un passé récent des responsabilités au sein de ce département, où des changements internes ont déjà été opérés dans la foulée de l'attentat contre la sécurité présidentielle, fin novembre. Aux Affaires étrangères, le nouveau ministre, Khemaies Jhinaoui, est lui aussi une figure connue de la diplomatie tunisienne. Il a notamment été secrétaire d'État en 2011.
Mais, même si ces changements sont censés donner un nouvel élan au gouvernement, dans les médias on se montrait peu convaincus. « Nouvelle équipe... sans nouveauté », titrait le quotidien arabophone Achourouk. « Le nouveau gouvernement n'est qu'un ancien gouvernement avec un nouvel habit », ajoutait le journal, selon lequel « Habib Essid et, derrière lui, Béji Caïd Essebsi ont choisi la prudence comme feuille de route. »
Au sein de Nidaa Tounes, principale force politique du pays, des députés se sont interrogés sur la pertinence du limogeage du ministre de l'Intérieur. « C'est un ministre qui s'est engagé dans les réformes et on le change. D'autres ministres qui ont échoué n'ont pas été remplacés », a regretté la députée Bochra Belhaj Hmida. D'après elle, « ce gouvernement n'est pas assez fort, pas assez audacieux pour prendre les grandes décisions ». Parmi les quatre partis alliés au gouvernement, l'équilibre des forces ne semble pas avoir sensiblement évolué. Nidaa Tounes, l'ancien parti du chef de l'État, garde une dizaine de ministères. La formation islamiste Ennahda conserve un portefeuille (Formation professionnelle et Emploi) et enregistre le retour au poste de « conseiller du chef du gouvernement » de Najmeddine Hamrouni.
Pour le politologue Salaheddine Jourchi, ce remaniement est « la dernière carte de Habib Essid ». « Si la nouvelle équipe échoue, cela mettra fin à sa carrière. » Pour plaider sa cause, le Premier ministre peut mettre en avant un souci d'efficacité, avec la suppression des 14 postes de secrétaires d'État. La bonne surprise pourrait venir de la création d'un ministère de la Fonction publique, de la Gouvernance et de la Lutte contre la corruption – un des grands fléaux nationaux –, avec à sa tête un expert, Kamel Ayadi.
Ce remaniement, le premier depuis l'élection à la présidence de Béji Caïd Essebsi fin 2014, intervient après une année 2015 extrêmement délicate pour la Tunisie, à la fois pionnière et unique rescapée des révoltes arabes d'il y a cinq ans. Confronté depuis sa révolution à la progression de la menace jihadiste, qui a coûté la vie à des dizaines de policiers et de militaires, le pays a été ensanglanté par trois attentats d'ampleur revendiqués par le groupe État islamique (EI). Deux d'entre eux, au musée du Bardo et contre un hôtel de Sousse, ont fait 60 morts et ravagé le secteur touristique. Plus généralement, si elle a réussi sa transition démocratique, la Tunisie peine à relancer son économie. En 2015, la croissance ne devait pas atteindre 1 %, sur fond de profonde morosité sociale. « 2015 (...) a été une année difficile. Mais notre État est toujours debout, le gouvernement fait son devoir et nous avançons », avait affirmé le chef de l'État pour le Nouvel An.
(Source : AFP)

Le Premier ministre tunisien, Habib Essid, a largement remanié son gouvernement pour lui donner un nouveau souffle, mais des critiques fusent déjà alors que la Tunisie aborde une année décisive sur les plans sécuritaire et économique.Le remaniement de mercredi soir comprend trois changements parmi les ministères régaliens, dont l'Intérieur, qui focalise l'attention dans un pays sous état d'urgence quasi permanent depuis l'été dernier. Najem Gharsalli y est remplacé par Hédi Majdoub. Technocrate de 46 ans, M. Majdoub avait occupé dans un passé récent des responsabilités au sein de ce département, où des changements internes ont déjà été opérés dans la foulée de l'attentat contre la sécurité présidentielle, fin novembre. Aux Affaires étrangères, le nouveau ministre, Khemaies Jhinaoui, est lui aussi une...
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