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Moyen Orient et Monde - Diplomatie

Crise entre Riyad et Téhéran : l’effet domino continue, la communauté internationale inquiète

Rohani critique à nouveau le royaume wahhabite ; de Mistura s'entretient avec Jubeir au sujet de la Syrie dans la capitale saoudienne.

Le vice-ministre koweïtien des Affaires étrangères Khaled Suleiman al-Jarallah (centre-droit) a remis hier à l’ambassadeur iranien Ali Reda Enayeti (centre-gauche) une lettre de protestation après les dégâts occasionnés à l’ambassade saoudienne à Téhéran le 2 janvier. HO/AFP

La communauté internationale s'inquiète de plus en plus de l'aggravation de la crise entre l'Iran et l'Arabie saoudite, qui s'est étendue hier avec la décision du Koweït de rappeler son ambassadeur à Téhéran.
Voisin et allié traditionnel de Riyad, le Koweït est devenu le cinquième pays arabe à rompre ou à réduire ses relations avec l'Iran, après l'Arabie, les Émirats arabes unis, le Soudan et Bahreïn. Ce dernier a aussi suspendu toutes les liaisons aériennes avec l'Iran, suivant ainsi l'exemple de l'Arabie saoudite. Ces pays protestent contre les attaques contre les missions diplomatiques saoudiennes en Iran à la suite de l'exécution samedi en Arabie du chef religieux chiite saoudien Nimr el-Nimr.
La chaîne de télévision saoudienne al-Akhbariya a annoncé hier que tous les membres de la mission diplomatique saoudienne en poste en Iran avaient regagné Riyad.
Le Conseil de coopération du Golfe (CCG), qui réunit les six monarchies de la région et dont seul Oman n'a pas réagi aux évènements, a convoqué une réunion extraordinaire de ses chefs de la diplomatie samedi à Riyad pour discuter « des conséquences de l'attaque » contre les représentations saoudiennes en Iran. Et dimanche, les ministres arabes des Affaires étrangères se réuniront au Caire à ce sujet. Le Premier ministre turc Ahmet Davutoglu a quant à lui proposé l'aide de son pays pour « apaiser » les tensions.
Téhéran a minimisé l'effet des annonces de l'Arabie et de ses alliés arabes, affirmant que c'est Riyad qui pâtirait le plus de la situation. « La rupture des relations par l'Arabie saoudite et ses vassaux n'a aucun effet sur le développement de l'Iran », a affirmé Mohammad Bagher Nobakht, le porte-parole du gouvernement.
Le président iranien Hassan Rohani a de nouveau réagi hier en affirmant que l'Arabie saoudite ne pouvait pas répondre « aux critiques en coupant des têtes ». « J'espère que les pays européens qui réagissent toujours aux questions liées aux droits de l'homme feront leur devoir », a-t-il ajouté. « L'Arabie saoudite ne peut pas cacher le crime de la décapitation d'un dignitaire religieux en rompant les relations politiques avec l'Iran », a affirmé le président Rohani cité par l'agence de presse officielle Irna lors d'une rencontre avec le ministre danois des Affaires étrangères, Kristian Jensen, à Téhéran.

« Profonde inquiétude »
La crise entre Riyad et Téhéran pourrait entraîner « une série de conséquences néfastes dans la région », a pour sa part mis en garde l'Onu. Réuni à New York, le Conseil de sécurité avait la veille exprimé « sa profonde inquiétude » et demandé à Téhéran de « protéger les installations diplomatiques et consulaires, et leur personnel ». L'ambassadeur saoudien à l'Onu Abdallah al-Mouallimi avait demandé au Conseil de sécurité de condamner le saccage des missions diplomatiques saoudiennes alors que la mission iranienne avait exprimé les « regrets » de Téhéran et promis de « prendre les mesures pour que de tels incidents ne se reproduisent pas ». La déclaration du Conseil n'a fait en revanche aucune mention de l'exécution de Nimr, exécuté avec 46 autres personnes condamnées pour « terrorisme », dont la majorité pour des attentats attribués au réseau jihadiste sunnite el-Qaëda.
L'ambassadeur saoudien à l'Onu a, quant à lui, affirmé hier que la rupture des relations avec l'Iran n'empêcherait pas Riyad de « continuer à travailler dur pour soutenir les efforts de paix en Syrie et au Yémen », et que l'Arabie participerait aux prochains pourparlers de paix sur la Syrie, prévus à partir du 25 janvier à Genève sous l'égide de l'Onu. L'engagement saoudien a été réaffirmé par le chef de la diplomatie Adel al-Jubeir à l'issue d'un entretien à Riyad avec le médiateur de l'Onu pour la Syrie Staffan de Mistura. Le royaume reste « engagé à soutenir le peuple syrien pour qu'il obtienne ses droits, recouvre sa liberté et réalise ses aspirations. Il continuera à travailler avec l'Onu et la communauté internationale pour y parvenir », a dit M. Jubeir, cité par l'agence officielle SPA. Selon un communiqué de l'Onu, M. de Mistura a déclaré que Riyad était déterminé à ce que les tensions régionales « n'aient pas d'impact sur la poursuite du processus politique que l'Onu entend lancer bientôt à Genève ». Le médiateur de l'Onu doit se rendre cette semaine à Téhéran puis à Damas.

(Sources : agences)

La communauté internationale s'inquiète de plus en plus de l'aggravation de la crise entre l'Iran et l'Arabie saoudite, qui s'est étendue hier avec la décision du Koweït de rappeler son ambassadeur à Téhéran.Voisin et allié traditionnel de Riyad, le Koweït est devenu le cinquième pays arabe à rompre ou à réduire ses relations avec l'Iran, après l'Arabie, les Émirats arabes unis, le Soudan et Bahreïn. Ce dernier a aussi suspendu toutes les liaisons aériennes avec l'Iran, suivant ainsi l'exemple de l'Arabie saoudite. Ces pays protestent contre les attaques contre les missions diplomatiques saoudiennes en Iran à la suite de l'exécution samedi en Arabie du chef religieux chiite saoudien Nimr el-Nimr.La chaîne de télévision saoudienne al-Akhbariya a annoncé hier que tous les membres de la mission diplomatique...
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