C'est officiel : six mois après avoir rejeté une offre de 10 milliards d'euros (10,74 milliards de dollars) du groupe Numericable-SFR appartenant au milliardaire Patrick Drahi, le groupe industriel et de construction Bouygues négocie avec le numéro un des télécoms Orange pour lui vendre sa filiale Bouygues Télécom, au troisième rang national du secteur.
Les deux groupes ont confirmé, dans des communiqués distincts, être en « discussions préliminaires ». Bouygues a confirmé la signature d'un « accord de confidentialité ce jour (hier) », tout en précisant qu'« aucune décision n'a été prise » et que « rien ne garantit l'issue de ces discussions ». Orange a précisé que ces négociations « ne sont pas contraintes par un calendrier particulier et ne s'engagent pas sur un schéma prédéfini ».
« Mon sentiment est qu'il faut aller vite, c'est une affaire de quelques semaines, je ne sais pas si ce sera un mois ou deux, mais dans tous les cas, ça n'ira pas au-delà », a cependant déclaré le PDG de l'opérateur, Stéphane Richard, sur RTL. « Il s'agit d'optimiser nos investissements et d'aller encore plus vite pour amener la meilleure connectivité possible à tous les Français », a ajouté M. Richard, qui a par ailleurs précisé que « si rapprochement il y a, cela ne se traduira pas par une augmentation des prix ».
Interrogé par l'AFP, le ministère de l'Économie s'est refusé à tout commentaire, rappelant qu'Emmanuel Macron avait expliqué, en décembre, ne pas avoir de « position de principe » concernant le nombre d'opérateurs tant que les investissements fixe et mobile sont assurés. Une position qui a évolué puisqu'en juin, lors de l'offre d'Altice, maison mère de Numericable-SFR, M. Macron estimait que l'heure n'était pas à la concentration avec « quatre opérateurs qui ont chacun leur place ».
Une telle opération inquiète les association de consommateurs, la CLCV ayant ainsi fait part de ses « craintes et réserves quant à cette fusion qui risque d'avoir un impact négatif sur le pouvoir d'achat ». Pour l'UFC-Que Choisir, un passage de quatre à trois opérateurs pourrait également menacer les investissements dans le haut débit, tout en provoquant une hausse des tarifs. Du côté des syndicats, la CGT s'est inquiétée de la possibilité que « Martin Bouygues (devienne) le deuxième actionnaire (d'orange) derrière l'État » et que la « rentabilité financière » prévale sur « une vision (...) industrielle de long terme », tandis que Sud prévient que « les salariés ne doivent pas être les dindons de ce nouveau Monopoly ». « On ne peut pas imaginer une opération qui ne soit pas socialement irréprochable », a précisé M. Richard sur RTL.
Une fusion, suspendue à son acceptation par les autorités de la concurrence en France et à Bruxelles, entraînerait le passage de quatre à trois opérateurs dans l'Hexagone, une situation qui profiterait également à Numericable-SFR et Free, dans un marché particulièrement concurrentiel. Mais en la matière, la position de la Commission européenne s'est durcie au cours des derniers mois, la commissaire à la Concurrence Margrethe Vestager préférant une consolidation supranationale à des rapprochements entre opérateurs nationaux.
Le nouvel ensemble représenterait plus de 60 % de part de marché en valeur et 54 % en ce qui concerne le nombre de clients, sur le mobile, très loin devant Numericable-SFR avec 30,3 % du marché.
(Source : AFP)
Économie - Télécoms
Orange et Bouygues Télécom mettent fin aux rumeurs et confirment discuter d’une union
OLJ / le 06 janvier 2016 à 00h00


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