Des combattants yéménites, loyaux au président Hadi, faisant le signe de la victoire, près de Marid. Abdullah al-Qadry/AFP
Le fragile cessez-le-feu au Yémen sera reconduit pour une nouvelle période de sept jours à partir de son expiration ce soir, a annoncé le chef de la délégation gouvernementale aux pourparlers de paix interyéménites.
« La trêve sera reconduite pour sept autres jours et elle sera ensuite prolongée automatiquement si elle est respectée par l'autre partie », a déclaré à Berne Abdel Malak el-Mekhlafi, ministre des Affaires étrangères, faisant référence aux rebelles chiites houthis pro-iraniens.
Cette décision, à la demande du président Abd Rabbo Mansour Hadi, a été notifiée à l'Onu, a ajouté M. Mekhlafi, soulignant que sa reconduction automatique « jusqu'à l'instauration d'un cessez-le-feu permanent » était « conditionnée à l'engagement » des rebelles à appliquer la résolution 2216 du Conseil de sécurité de l'Onu. Cette résolution, adoptée en avril, somme les rebelles et leurs alliés, les unités de l'armée restées fidèles à l'ancien président Ali Abdallah Saleh, à se retirer des territoires conquis depuis l'an dernier, dont la capitale Sanaa, et remettre leurs armes.
M. Mekhlafi, qui dirige depuis mardi la délégation de son gouvernement aux pourparlers de paix avec les rebelles, a exigé aussi la libération notamment de cinq personnalités détenues par les houthis, dont le ministre de la Défense, Mahmoud Soubeihi.
« Nous avons obtenu des assurances internationales que des pressions seront exercées sur l'autre partie pour la libération des détenus, la levée du siège de Taëz et l'entrée de l'aide humanitaire dans cette ville » du sud-ouest du Yémen, assiégée depuis des mois par les rebelles, a-t-il dit.
Le médiateur de l'Onu Ismaïl Ould cheikh Ahmad a annoncé peu auparavant la tenue le 14 janvier d'un nouveau round de pourparlers de paix pour poursuivre les discussions sur un règlement politique devant mettre fin à neuf mois de guerre au Yémen. « Ce nouveau round sera tributaire de l'engagement de l'autre partie à remplir ses obligations », a cependant indiqué le ministre des Affaires étrangères.
À 40 km de Sanaa
Sur le terrain, les combats se sont intensifiés hier dans la province de Jawf et près de la frontière avec l'Arabie saoudite où trois civils ont été tués samedi par la chute d'un missile tiré par les rebelles pro-iraniens depuis le Yémen, le troisième en 24 heures. Plus à l'Ouest, de nouveaux combats ont éclaté autour de la ville de Haradh, non loin de la frontière avec l'Arabie saoudite, alors que l'aviation de la coalition bombardait des positions rebelles à Midi, ville portuaire sur la mer Rouge, selon les mêmes sources.
Samedi, au moins 68 combattants ont été tués lors de violents combats près de Haradh et de la frontière saoudienne, selon des sources militaires et tribales.
Sur un autre front, les troupes fidèles au président Abd Rabbo Mansour Hadi se trouvaient samedi à 40 km de la capitale Sanaa, contrôlée par les rebelles depuis plus d'un an, après des gains territoriaux significatifs dans la province de Marib, à l'est de la capitale.
(Source : AFP)


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