L'armée nigériane évacuait, hier, les corps des victimes des violents affrontements du week-end dans le nord du pays entre soldats et militants d'un mouvement chiite. Les affrontements ont fait de nombreuses victimes, selon les témoignages, mais aucun bilan précis n'était encore disponible hier.
« Selon nos informations, les dépouilles mortelles de nos membres tués autour de la maison de notre dirigeant sont en train d'être évacuées par les soldats par camion. Je ne peux pas donner le chiffre précis du nombre de morts, mais c'est énorme », a déclaré le nouveau porte-parole du Mouvement islamique du Nigeria (IMN) pro-iranien, Ibrahim Musa, à l'AFP. Parmi les victimes se trouvent en effet l'ancien porte-parole du groupe, le numéro deux de l'IMN, l'épouse du chef du mouvement Ibrahim Zakzaky et l'un de ses fils, tués lors de l'attaque de la maison du chef défendue par des centaines de militants, a précisé M. Musa, ajoutant que la maison et une mosquée ont été détruites.
« Je confirme que l'épouse de notre chef, Zeenat Ibrahim, et son fils Ali font partie des victimes. Notre porte-parole Ibrahim Usman a aussi été tué », a-t-il déclaré. « Nous ne connaissons pas le sort de notre dirigeant sur lequel nous avons eu des informations contradictoires, certains disant qu'il a été emporté par des soldats et d'autres qu'il a été tué », a précisé M. Musa.
Bashir Bello, un habitant, a confirmé à l'AFP que « de nombreux militants ont été tués par balles » en voulant protéger la maison du chef et que les corps étaient évacués « par camion ».
L'armée s'était contentée dimanche d'évoquer « des pertes humaines », sans plus de détails. Les militaires étaient présents en nombre hier dans la zone où ils ont établi des points de contrôle, fouillant les véhicules et les habitants qui entraient dans le quartier.
L'armée a donné l'assaut samedi et dimanche à Zaria contre les militants du IMN, après un incident ayant impliqué le convoi du chef d'état-major des armées. L'armée avait alors accusé les fidèles chiites, qui menaient une procession, d'avoir attaqué et « tenté d'assassiner » le chef d'état-major Yusuf Buratai, dont le convoi était bloqué par la procession. Une version démentie par l'IMN. Les relations entre les autorités nigérianes et l'IMN, qui souhaite imposer un État islamique à l'iranienne, sont tendues depuis longtemps et ont déjà conduit à des confrontations. Le chef de l'IMN, Ibrahim Zakzaky, a déjà été emprisonné plusieurs fois.
(Source : AFP)
Moyen Orient et Monde - Nigeria
Violents affrontements entre soldats et militants d’un mouvement chiite pro-iranien
L'armée évacue « par camion » les corps de militants chiites tués .
OLJ / le 15 décembre 2015 à 00h00


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