Je pleure mon pays. Je pleure les morts, les vivants, les coupables et les innocents. Je pleure l'histoire qui se répète. Je pleure mon peuple, qui n'a plus de larmes à verser. Mon peuple qui ne sait plus pleurer ses morts. Je pleure mes parents ainsi que les générations passées, celles qui ont connu un meilleur Liban et qui le voient se briser petit à petit. Je pleure le fait que je ne veux plus entendre parler de mon pays, ni de ses nouvelles. J'ai mal à mon Liban.
Le Liban, les libanais ; notre pays, le peuple auquel nous appartenons. Qu'est-il devenu ? Qu'est-ce qui en reste ? La beauté du pays se perd dans l'horreur de ce qui lui arrive. Le peuple, lui, cache sa douleur. Il la cache tellement bien que lui-même ne sait plus où il l'a mise. Du coup, lorsqu'il en a besoin, il la remplace par des phrases qui, d'après lui, feront l'affaire. Des phrases courtes, dépourvues d'émotions. Des phrases comme « Haram, Allah yerhamoun » ou encore « Allah ynajjina ». Des phrases qui montrent que le peuple libanais sait ce qu'il doit dire dans des situations pareilles, qu'il s'y est habitué. Ceci, à son tour, explique la phrase que nos parents prononcent après chaque diffusion de nouvelles : « Khalas, t3awwadna ». Une phrase qui ne devrait jamais être dite dans des circonstances pareilles. Une phrase qui brise le cœur des anciens et des nouveaux. Une phrase qui annonce l'abandon des Libanais ;
leur perte d'espoir. L'espoir de reconstruire le Liban, de réécrire son histoire. L'espoir que la génération suivante, notre génération, pourra sauver le Liban, lui rendre ses années d'or, effacer tout ce que nous vivons. Mais si nous continuons ainsi, nous n'y arriverons jamais. Si le peuple libanais ne s'unit pas, Dieu sait ce qui pourrait lui arriver.
Les attentats, les protestations, les malheurs qui s'abattent sur notre pays forcent ses habitants à émigrer. C'est alors que l'un des dons du Libanais de jadis devient la pire chose qui pourrait lui arriver. Il se fond. Il se perd dans la civilisation qui l'accueille. Il perd d'abord sa langue, puis ses habitudes. Il oublie son histoire, puis celle de ses ancêtres. Il perd ses racines sans vraiment être déraciné. Il perd son pays sans vraiment le réaliser.
Je veux sauver le Liban en le recréant. Je veux lui rendre sa beauté, ses forêts, ses coutumes, ses familles. Je veux faire partie de sa renaissance. Je veux rendre l'espoir à ceux qui l'ont perdu, afin que nous soyons tous des outils dans la reconstruction de notre pays. Nous pouvons être la génération qui sauvera le Liban et tout ce qu'il représente pour chacun d'entre nous. Nous pouvons être le futur du Liban. En disant nous, je veux dire les émigrés. Nous, à Dubaï, nous, en France, encore nous, en Amérique, au Brésil, en Afrique.
Je ne vous demande pas de retourner au Liban, de le reconstruire avec vos propres mains et moyens. Pas encore, du moins. Mais je vous demande de ne pas l'oublier. De ne pas le négliger. Ne laissez pas remplacer sa place dans votre cœur. Ne soyez pas en colère contre lui ; il n'y est pour rien. Soyez des Libanais. Aimez votre pays. Souffrez avec lui pour que quand le jour viendra, vous soyez prêts à le venger, à le faire renaître.
Je pleure mon pays. Je pleure ce qui lui arrive. Je pleure le fait que ce texte a dû être écrit par une émigrée parce qu'elle n'en pouvait plus de voir souffrir son pays et ses compatriotes. Je pleure la France, le Japon et tous les pays qui connaissent des pertes pareilles aux nôtres. Je pleure et j'espère que ce sera la dernière fois que nous, Libanais, assistons à des événements pareils sans rien faire. J'espère que vous, comme moi, avez tellement mal à votre Liban que vous voulez m'aider à le sauver.
Andréa MATAR
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tres beau article mais pouvez vous m'expliquer pourquoi si je transfer au liban 1000 dollars pour aider quelqu'un la banque ne lui donnera qu'en lvres libanaises et aux taux de 3900 LL pour un dollar ET PAS EN DOLLARS VERT CASH ET WESTERN UNION DE MEME LA VERITE C'EST UN VOL DES NOUVEAUX VIREMENT DE 66% QUE LES LIBANAIS DE L'ETRANGER D'OU LE PEU DE VIREMENT EFFECTUE PAR LA DIASPORA QUI PREFERE A L'OCCASION VENIR PARFOIS AVEC DU CASH EN POCHE ET ILS NE PEUVENT PAS ACCEPTER CE VOL MANIFESTE
01 h 25, le 28 mai 2021