Rechercher
Rechercher

Nos lecteurs ont la parole - Sabine Bustros

Gebran Tuéni, une décennie de solitude

Le Liban : un pays exsangue. Un pays aux yeux fatigués, à l'âme exténuée. Un pays où rien ne va plus, auquel on a repris toutes ses libertés.
Dix ans déjà et une impression de convalescence qui n'en finit plus. Un Liban rêvé et sublimé dans cet hymne dont l'effervescence du souvenir ne se manifeste qu'une fois par an. Non, il n'est pas de regret plus lancinant que le regret des choses qui n'ont jamais été.
Gebran Tuéni... déjà dix ans. Il est utile et nécessaire une fois de plus de se souvenir de ses éditoriaux, de ses apparitions lumineuses et talentueuses à la télévision, et de chacune de ses déclarations publiques courageuses mais, par-dessus tout, il est utile de se souvenir de Gebran et de tout ce que son nom n'a jamais cessé d'évoquer en nous. Se souvenir de la manière dont il aimait passionnément le Liban. Se souvenir qu'il a payé de sa vie parce qu'il croyait profondément et entièrement à la souveraineté de notre pays, qu'il a voulu démocratique et libre.
Combien de nobles idéaux sont tombés après lui ? Combien d'entre eux ont été se perdre dans la boue ? Combien de batailles stupides auxquelles nous assistons tous les jours pour que certains assurent avec une bassesse sordide leurs intérêts insatiables, si bien que les tonneaux des Danaïdes en deviennent une métaphore limitée pour exprimer leur appétit. Qui pourra encore comprendre que le gouvernement du monde commence en nous-mêmes ?
Cher Gebran, cher ami, tes éditoriaux hebdomadaires que nous attendions avec impatience nous manquent. Tes arguments passionnés et courageux à l'écran devant Marcel Ghanem, mais aussi devant un public séduit et conquis par ta transparence nous manquent. Comme il aurait été passionnant de te lire et de t'entendre hurler au sujet d'un Liban sans président, d'un Parlement dans un état constant de renouvellement, de t'entendre rugir au sujet des poubelles jetées dans les rues de la capitale ainsi que dans nos montagnes, de Bachar et de sa boucherie, et aussi des deux millions de réfugiés, de Daech et ainsi de suite.
Nous sommes confrontés, seuls, à tant de questions qui demeurent non résolues en raison de l'attitude égoïste de la plupart de nos dirigeants. Nous les regardons depuis des mois errer sur scène tels des figurants hagards, muets et pompeux, dans ce pays qui se tait et qui n'a plus ta voix pour l'envelopper de son assurance.
Gebran, ya Gebran, comment te dire combien tu nous manques, et combien, ô combien, ta place laisse un grand vide. J'espère que tu as trouvé « là-bas » ce à quoi tu as cru passionnément ici toute ta vie : la splendeur d'abord, mais aussi l'irrésistible grâce d'un monde où les racines poussent en regardant le soleil. Avec un sourire que je garde pour moi, je pense pourtant que la vie continuera à porter les grands saints et les poètes de toutes les époques, et aussi ce vaste peuple exilé qui fait toute la valeur de ce monde.
Ici, nous continuons à naviguer à l'aveugle, sans la moindre idée du port auquel nous appartenons. Dépourvus de tout avenir, mais aussi sans aucune idée du présent.
Nous garderons tous en secret, comme le baiser d'un être aimé, ta main levée vers les rêves auxquels tu croyais, devant une foule enfiévrée. Te dire encore une fois que nous continuerons, nous la majorité silencieuse, à scander en nous ton serment immortel : Noksem bil allah al-3azim...
You did it your way. Yes, but regrets, we have a lot. Too many to mention.

Sabine BUSTROS

Le Liban : un pays exsangue. Un pays aux yeux fatigués, à l'âme exténuée. Un pays où rien ne va plus, auquel on a repris toutes ses libertés.Dix ans déjà et une impression de convalescence qui n'en finit plus. Un Liban rêvé et sublimé dans cet hymne dont l'effervescence du souvenir ne se manifeste qu'une fois par an. Non, il n'est pas de regret plus lancinant que le regret des choses qui n'ont jamais été.Gebran Tuéni... déjà dix ans. Il est utile et nécessaire une fois de plus de se souvenir de ses éditoriaux, de ses apparitions lumineuses et talentueuses à la télévision, et de chacune de ses déclarations publiques courageuses mais, par-dessus tout, il est utile de se souvenir de Gebran et de tout ce que son nom n'a jamais cessé d'évoquer en nous. Se souvenir de la manière dont il aimait passionnément le...
commentaires (1)

Oui mais au fond, et that is the question you didn't asked ? Qui l'a tué ? Mahééék ? Qui selon.... ?

ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

04 h 38, le 13 décembre 2015

Commenter Tous les commentaires

Commentaires (1)

  • Oui mais au fond, et that is the question you didn't asked ? Qui l'a tué ? Mahééék ? Qui selon.... ?

    ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

    04 h 38, le 13 décembre 2015

Retour en haut