Le journaliste libanais d'al-Akhbar a comparu par vidéoconférence, jeudi 29 mai 2014, devant le Tribunal spécial pour le Liban. Capture d'écran.
« C'est un procès contre l'ensemble de la presse au Liban. » C'est par ces termes que Me Abou Kassem, l'avocat désigné par le bureau de défense du Tribunal spécial pour le Liban (TSL) dans l'affaire d'outrage au tribunal intentée contre le quotidien al-Akhbar, a décrit hier la procédure intentée contre le quotidien et son directeur, Ibrahim el-Amine, lors d'une conférence préalable au procès (prévu le 28 janvier prochain 2016), qui s'est tenue à La Haye.
Lors des échanges, le procureur chargé de l'affaire d'outrage, Kenneth Scott, a demandé l'ajournement du procès jusqu'à ce que soit rendue la décision dans l'affaire al-Jadeed qui fait actuellement l'objet d'un appel, alléguant une similarité dans les deux dossiers. Le procureur a également demandé le rajout de nouveaux chefs d'accusation au dossier ainsi qu'une nouvelle liste de témoins.
Me Abou Kassem a accusé le procureur d'avoir un dossier vide, soulignant que les nouveaux chefs d'accusation sont « infondés » et qu'il devrait, par conséquent, les retirer, d'autant que cela risque de retarder encore plus l'administration de la justice. Et d'affirmer que le procureur n'a pas de preuves dans cette affaire.
Ce dernier a répondu que son seul souci était de défendre la procédure qui ne saurait être sacrifiée par des considérations de temps et de délais. Il a relevé que les nouveaux chefs d'accusation ne signifient en aucun cas l'existence d'une nouvelle affaire, assurant avoir de nouveaux éléments en main.
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Autre point de discussion suscité lors des échanges, la question de savoir si Me Abou Kassem représentait l'accusé, ce à quoi ce dernier a indiqué qu'il a été désigné par le bureau de la défense pour représenter « les intérêts de l'accusé » et qu'il n'agissait pas par conséquent en sa qualité d'avocat de défense de l'accusé. Il a en outre insisté sur le fait qu'il s'agit d'un procès par défaut. Un avis contesté avec véhémence par le procureur. Ce dernier a été jusqu'à demander au juge chargé de l'affaire d'outrage, Nicola Lettieri, de convoquer l'accusé, Ibrahim el-Amine, devant la cour, requérant qu'un mandat d'arrêt soit émis contre lui si nécessaire.
« Ce serait un véritable musellement de la presse », a rétorqué Me Abou Kassem, insistant sur la liberté de presse qui prévaut au Liban.
M. Ibrahim Mohammad Ali el-Amine et Akhbar Beirut SAL doivent chacun répondre d'un chef d'outrage et d'entrave à la justice en application de l'article 60 bis du règlement de procédure et de preuve du tribunal. Ils sont accusés de publication d'informations confidentielles ayant trait notamment à l'identité de témoins protégés.
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"C'est un procès contre l'ensemble de la presse au Liban." ! Non, mon grand Kâssîm, c'est un procès intenté par Le Tribunal Spécial pour le Liban- TSL dans l'affaire d'outrage à ce tribunal contre ce SEUL (quotidien) Äl-Äkhbâr et contre son "directeur" Äbrahâm Äl-Ämîne ! Point barre. En sus, ce même Äbou-Kâssîm ne représente même pas l'accusé Äbrahâm mais avait été "désigné" d'office afin de "représenter les intérêts de l'accusé" et qu'il n'était pas par conséquent son avocat ! Et alors ! De quoi je me mêle ?! Il a en outre insisté, le Niais, sur le fait qu'il s'agit d'un procès par défaut. Ce qui a ouvert bien entendu la voie au procureur à demander au juge chargé de l'affaire d'outrage de convoquer l'accusé Äbrahâm devant la cour, requérant même qu'un mandat d'arrêt soit émis contre lui si nécessaire ! Et c'est de cette façon, que le Niais comptait "représenter les intérêts de l'accusé" ? En sus, et pour s'enfoncer encore plus, comme quoi "ce serait un véritable musellement de la presse, tout en insistant sur la liberté de presse qui prévaudrait au Liban." ! Il prend ce procureur pour un Niais comme lui, quoi ? "Pauvre" Äbrahâm, avec un "représentant de ses intérêts" pareil !
12 h 29, le 13 décembre 2015