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Présidentielle US

Aux États-Unis, la diatribe de Trump renforce le malaise des musulmans

Le milliardaire américain, candidat républicain à la Maison-Blanche en 2016, veut fermer les frontières américaines aux musulmans. Des propos qui ont provoqué un tollé à travers le monde et de l'angoisse au sein de la communauté musulmane à travers le pays.

Insensible aux condamnations internationales, Donald Trump était hier sur toutes les télévisions américaines pour défendre son idée de fermer les frontières américaines. Sean Rayford/Getty Images/AFP

« Il donne le droit aux gens de s'en prendre à nous », s'alarmait Ahmad Shedeed, un musulman américain réagissant aux propos du candidat Donald Trump contre ses coreligionnaires, qui viennent alimenter un racisme de plus en plus pressant aux États-Unis.
Le milliardaire, qui domine la course aux primaires républicaines, a provoqué un tollé lundi en appelant à fermer les frontières américaines aux musulmans, une proposition extraordinaire même à l'échelle des déclarations incendiaires dont il est familier. « J'ai des amis musulmans, ce sont des gens très bien mais ils savent qu'il y a un problème, et on ne peut plus le tolérer », a expliqué Donald Trump, ovationné en meeting en Caroline du Sud, quelques heures après avoir annoncé lundi qu'il souhaitait fermer les frontières des États-Unis aux musulmans « jusqu'à ce que nous soyons capables de déterminer et de comprendre ce problème ».

 

(Lire aussi : Trump veut ficher les musulmans aux Etats-Unis)


Son idée, décriée jusque dans son propre camp, fait suite à d'autres coups de sang du républicain contre la religion musulmane. Fin novembre, il avait ainsi affirmé que des musulmans aux États-Unis et dans le monde avaient fêté en 2001 les attentats du 11 septembre.
« C'était de la torture, nous étions effrayés, en larmes » après ces propos, se souvient Ahmad Shedeed, directeur du centre islamique de Jersey City. « Si Trump avait été actif à l'époque du 11-Septembre et avait tenu des propos pareils, je suis sûr que beaucoup d'entre nous auraient souffert », poursuit cet homme arrivé d'Égypte en 1980 et également directeur d'une agence de voyages.

 

Multiplication des incidents racistes
La proposition de M. Trump intervient dans un regain de tensions alimentées par les attentats de Paris, le 13 novembre, et la mort de 14 personnes, mercredi dernier en Californie, dans une fusillade perpétrée par un couple de musulmans radicalisés. Ainsi, quelques heures avant que M. Trump ne fasse sa déclaration controversée, qui semble directement enfreindre la Constitution des États-Unis, des responsables de la communauté musulmane du New jersey avaient rencontré des procureurs pour leur demander de prendre au sérieux les accusations de crimes racistes contre des musulmans.


Une série d'événements, des crachats contre des femmes voilées, un chauffeur de taxi abattu par balle dans le dos, une tête de porc retrouvée devant une mosquée de Philadelphie, ont déclenché un véritable sentiment de peur. Najiba Saleh, une mère de quatre enfants installée aux États-Unis depuis trois décennies, explique se sentir en danger pour la première fois de sa vie. « Quand (les enfants) quittent la maison, je me demande : "Et si quelqu'un passe en voiture et les voit et les prend pour cible" », confie cette habitante du New Jersey.
Ahmad Shedeed s'inquiète de ce sentiment de peur et du sort des 2,75 millions de musulmans aux États-Unis. Ce chiffre donné par le Pew Research Center en 2011 est inférieur aux 6 à 12 millions avancés par des membres de la communauté. « Je demande (à Donald Trump), je le supplie de mettre fin à toutes ces accusations. Considérez la communauté musulmane comme une composante de la mosaïque américaine, nous faisons partie des États-Unis », souligne M. Shedeed. Plusieurs autres voix se sont également élevées pour mettre en garde contre un sentiment antimusulman à travers le pays.

 

(Lire aussi : Donald Trump, versant américain de Le Pen ?)


Le Comité de relations américano-islamiques (CAIR) affirme avoir documenté une série d'abus, d'actes de vandalisme et de discriminations survenus le mois dernier. « Donald Trump ressemble plus au leader d'une foule prête au lynchage que d'un grand pays comme le nôtre », s'est désolé le directeur de CAIR, Nihad Awad.
La dernière provocation de M. Trump a provoqué une avalanche de condamnations politiques, y compris venant de ses rivaux républicains pourtant habituellement peu enclins à défendre les musulmans, de Marco Rubio à Chris Christie. Jeb Bush, qui avait lui-même après les attentats de Paris proposé d'exclure uniquement les réfugiés syriens musulmans, l'a traité de « déséquilibré ». Côté démocrate, la Maison-Blanche a immédiatement dénoncé une idée « contraire à nos valeurs ». Elle en a remis une couche en estimant que cette énième diatribe « moralement répréhensible » le « disqualifie pour être président ». « La vraie question pour le Parti républicain est de savoir s'ils se laisseront entraîner dans les poubelles de l'histoire avec Donald Trump », a dénoncé avec une rare virulence le porte-parole de l'exécutif américain. « Donald Trump, vous ne comprenez rien. Cela affaiblit notre sécurité », a pour sa part réagi Hillary Clinton sur Twitter.

 

« Plus méchant que Voldemort »
La proposition a également provoqué un tollé chez les dirigeants mondiaux. Pour le mufti d'Égypte, il s'agit de « remarques extrémistes et racistes » et « cette vision hostile à l'islam et aux musulmans va attiser les tensions au sein de la société américaine ». Le Premier ministre britannique David Cameron est, lui, en « désaccord total » avec cette proposition, qu'il juge « tout simplement mauvaise, inutile et de nature à semer la discorde ». J.K. Rowling, à qui l'on doit le personnage de Harry Potter, a choisi l'humour pour réagir en écrivant sur Twitter : « Quelle horreur. Voldemort (le sorcier maléfique de la saga Harry Potter) était très loin d'être aussi méchant. » Le Premier ministre français Manuel Valls a fustigé M. Trump, estimant qu'il « entretient la haine et les amalgames ».
Mais, insensible aux condamnations internationales, Donald Trump était hier sur toutes les télévisions américaines pour défendre son idée, estimant au passage sur CNN que Paris « devrait peut-être » adopter la même stratégie, au vu des « immenses » problèmes que connaît la ville avec sa communauté musulmane.

 

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« Il donne le droit aux gens de s'en prendre à nous », s'alarmait Ahmad Shedeed, un musulman américain réagissant aux propos du candidat Donald Trump contre ses coreligionnaires, qui viennent alimenter un racisme de plus en plus pressant aux États-Unis.
Le milliardaire, qui domine la course aux primaires républicaines, a provoqué un tollé lundi en appelant à fermer les...

commentaires (2)

LES EXTRÉMISMES SONT TOUJOURS MAUVAIS ! VOUS AVEZ... TOUS LES OCCIDENTAUX... ACCUEILLI À BRAS OUVERTS TOUS LES EXTRÉMISTES POURSUIVIS COMME TELS DANS LEURS PAYS D'ORIGINE... VOUS PAYEZ AUJOURD'HUI LE PRIX DE VOS BÊTISES POUR N'AVOIR PAS TRIER ET EXPULSER...

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

13 h 46, le 09 décembre 2015

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Commentaires (2)

  • LES EXTRÉMISMES SONT TOUJOURS MAUVAIS ! VOUS AVEZ... TOUS LES OCCIDENTAUX... ACCUEILLI À BRAS OUVERTS TOUS LES EXTRÉMISTES POURSUIVIS COMME TELS DANS LEURS PAYS D'ORIGINE... VOUS PAYEZ AUJOURD'HUI LE PRIX DE VOS BÊTISES POUR N'AVOIR PAS TRIER ET EXPULSER...

    L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

    13 h 46, le 09 décembre 2015

  • Il n'a pas d'amis musulmans à ce que je vois. .. Pourra t il appliquer sa loi aux besoins ses alliés ? ??

    FRIK-A-FRAK

    11 h 53, le 09 décembre 2015