La petite maison des Dawabcheh à Douma, incendiée en juillet dernier. Un drame qui avait coûté la vie à trois membres de cette famille palestinienne, dont un bébé de 18 mois. Abed Omar Qusini/Reuters
Les services de sécurité israéliens ont annoncé hier l'arrestation d'extrémistes juifs après un incendie criminel ayant décimé une famille palestinienne de Cisjordanie occupée et qui passe pour l'un des déclencheurs de la vague de violences actuelle.
C'est la première fois que les services israéliens lient aussi clairement des arrestations et l'incendie de fin juillet, qui a profondément choqué les Palestiniens. Il a aussi suscité une large réprobation parmi les Israéliens et réveillé les démons de l'extrémisme juif dans un climat déjà tendu. Les suspects arrêtés au cours des derniers jours et sur lesquels pèsent des « éléments concrets » pouvant les impliquer dans l'incendie sont « des jeunes soupçonnés d'appartenir à une organisation terroriste juive et d'avoir commis des attentats », a indiqué le Shin Beth (sécurité intérieure) dans un communiqué. Le Shin Beth ne précise pas le nombre, l'identité des personnes arrêtées, ni l'organisation à laquelle elles appartiendraient. L'enquête, compte tenu de sa sensibilité, est toujours soumise à un black-out judiciaire. L'avocat d'un des suspects, Itamar Ben Gvir, a dit ne pas savoir ce qu'on reprochait à son client. Celui-ci est actuellement entre les mains du Shin Beth, soumis à de rudes interrogatoires et même maltraité, a dit l'avocat venu réclamer devant un tribunal de Lod (centre) le droit de voir son client.
Vision messianique
Pour rappel, l'incendie du 31 juillet à Douma a coûté la vie à un bébé palestinien de 18 mois et à ses deux parents qui ont succombé à leurs blessures les jours suivants. Avant l'aube, des individus avaient lancé des engins incendiaires à l'intérieur de la petite maison où les Dawabcheh dormaient les fenêtres ouvertes. De la famille n'a survécu qu'un enfant de quatre ans, grièvement brûlé et toujours hospitalisé en Israël. Des inscriptions retrouvées sur place et des témoignages ont immédiatement désigné comme responsables des extrémistes juifs, peut-être venus des colonies sauvages voisines, c'est-à-dire des implantations illégales non seulement au regard du droit international, mais aussi des lois israéliennes. L'attention s'est concentrée sur la « jeunesse des collines », un mouvement aux vagues contours de jeunes radicaux des colonies sauvages. En rupture de ban, ils ont une vision messianique d'un Israël couvrant la Cisjordanie et fondé sur la loi juive.
L'incendie a suscité colère et crainte en Cisjordanie occupée où 2,5 millions de Palestiniens mènent une coexistence conflictuelle avec environ 400 000 colons israéliens. Le sinistre et la lenteur des investigations ont ravivé l'accusation de complaisance de la part des autorités israéliennes envers l'extrémisme juif. Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a promis qu'Israël ferait tout pour retrouver les auteurs.
Nouvelle démolition
Par ailleurs, deux Palestiniens ont été abattus hier par les forces israéliennes : l'un après avoir blessé un soldat et un passant en ouvrant le feu à un checkpoint près de Hizmeh, en Cisjordanie ; l'autre après avoir poignardé un policier à la main à Jérusalem, ont dit les services de sécurité israéliens. Les attentats quasiment quotidiens contre des Israéliens, les affrontements entre Palestiniens et soldats israéliens et les agressions mutuelles entre Palestiniens et colons ont fait 105 morts palestiniens (dont un Arabe israélien), 17 israéliens ainsi qu'un américain et un érythréen depuis le 1er octobre, selon un décompte de l'AFP.
Face à cet enchaînement, le Premier ministre israélien a décidé d'accélérer les démolitions des maisons d'auteurs d'attentat. L'armée a donc fait exploser hier le logement à Naplouse (nord de la Cisjordanie) de Rajeb Alioua, arrêté en octobre. Alioua est accusé par Israël d'avoir commandité le meurtre le 1er octobre d'un couple de colons criblés de balles dans leur voiture sous les yeux de leurs enfants sur une route de Cisjordanie.
(Source : AFP)


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