Un jet Eurofighter Typhoon de la British Royal Air Force sur le tarmac d’une base militaire à Chypre. Iakovos Hatzistavrou/AFP
Le secrétaire d'État américain John Kerry a plaidé, hier à Belgrade où il participe à une réunion
ministérielle de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en
Europe (OSCE), pour des troupes arabes et syriennes, au sol, qui combattraient l'État islamique (EI). « Tout le monde sait que sans la possibilité de trouver des troupes au sol prêtes à s'opposer à Daech (acronyme arabe de l'EI), ce conflit ne pourra pas être gagné complètement avec les seules frappes aériennes », a déclaré M. Kerry devant les délégations présentes à la réunion. M. Kerry a, par la suite, précisé qu'il pensait à des troupes « syriennes et arabes » et pas occidentales, bien que 50 forces spéciales américaines doivent être envoyées sous peu en Syrie. « Si nous parvenons à mettre en place une transition politique, nous allons permettre à toutes les nations et entités de se rassembler, l'armée syrienne ensemble avec l'opposition », a dit M. Kerry. « Les États-Unis, ensemble avec la Russie et d'autres, iront combattre Daech », a-t-il poursuivi prédisant une victoire rapide. « Imaginez seulement à quelle vitesse ce fléau serait éliminé, en l'espace de quelques mois littéralement, si nous étions capables de parvenir à cette résolution politique », a-t-il fait valoir.
Les propos du secrétaire d'État interviennent au lendemain du vote du Parlement britannique en faveur de frappes aériennes en Syrie contre l'EI. D'ailleurs, une heure seulement après le feu vert du Parlement, la Grande-Bretagne a conduit dans la nuit de mercredi à jeudi ses premières frappes aériennes en Syrie contre des installations pétrolières de l'EI. Les députés venaient à peine de quitter la Chambre des Communes lorsque quatre Tornado de la Royal Air Force, assistés par un drone Reaper, ont décollé dans la nuit de Chypre pour frapper six cibles sur le champ pétrolier d'Omar, à environ 50 kilomètres de la frontière irakienne. « Ces raids ont infligé des dommages réels aux ressources pétrolières dont dépendent les finances des terroristes », a affirmé le ministre de la Défense, Michael Fallon. La mission des chasseurs-bombardiers s'est terminée à l'aube. Avec « succès » selon les premières analyses du ministère de la Défense. « Plusieurs de ces champs pétroliers avaient déjà été efficacement visés par d'autres membres de la coalition. Les avions et les armements de la RAF sont particulièrement adaptés à ce type de cibles par leur capacité à limiter les dommages collatéraux », a-t-il dit.
« Nous allons devoir être patients et persévérants. Cela va prendre du temps », a prévenu hier le Premier ministre David Cameron, qui a reçu les félicitations de la chancelière allemande Angela Merkel pour avoir mené des frappes si rapidement après le vote, alors que les députés allemands doivent de leur côté voter aujourd'hui en faveur d'une mission de soutien aux bombardements de la coalition.
Le vote du Parlement, intervenu tard en soirée après plus de dix heures d'un débat passionné, dans une Chambre bondée, a été acquis par 397 voix pour, 223 voix contre. Cette majorité confortable a été rendue possible par l'apport des voix de 66 députés travaillistes, qui, libres de leur choix, se sont joints aux conservateurs.
(Source : AFP)


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