Bijan Namdar Zanganeh, ministre iranien du Pétrole, a rappelé que l’Iran avait l’intention d’augmenter sa production d’au moins 500 000 barils par jour après la levée des sanctions occidentales. Heinz-Peter Bader/Reuters
L'Iran n'est pas prêt à accepter des discussions remettant en cause son droit d'augmenter sa production de pétrole, malgré la chute actuelle des cours du brut, a déclaré hier à Vienne le ministre iranien du Pétrole, Bijan Namdar Zanganeh.
« Nous n'accepterons aucune discussion concernant l'augmentation de la production iranienne après la levée des sanctions (occidentales) », a déclaré le ministre à son arrivée dans la capitale autrichienne, où se tient aujourd'hui la réunion semestrielle de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep). Augmenter la production « est notre droit » et « personne ne peut nous limiter » dans cette voie, a-t-il ajouté, précisant que l'Iran n'accepterait pas que ses collègues de l'Opep fassent pression sur lui pour poursuivre les sanctions à son égard. « Ce n'est pas acceptable, ce n'est pas juste », a-t-il argué. « Ce n'est un sujet de discussion avec personne de limiter le niveau de production de l'Iran », a insisté M. Zanganeh.
Le ministre a ainsi répété que l'Iran avait l'intention d'augmenter sa production d'au moins 500 000 barils par jour immédiatement après la levée des sanctions occidentales, qui doit intervenir début 2016 dans le cadre de l'accord nucléaire avec les grandes puissances. M. Zanganeh a ajouté que la production augmenterait ensuite d'un million de barils par jour pour atteindre environ 3,8 millions de barils par jour (mbj) au total. Il a également précisé que Téhéran n'avait aucune responsabilité dans la baisse actuelle des cours du pétrole, qui ont perdu plus de 60 % de leur valeur depuis la mi-2014. « L'Iran n'a aucune responsabilité dans cette chute. C'est la responsabilité des membres producteurs de l'Opep et des autres qui ont produit plus que le plafond » théorique de production du cartel fixé à 30 millions de barils par jour, s'est défendu Bijan Namdar Zanganeh. Selon une estimation de l'agence Bloomberg, les membres de l'Opep ont ainsi pompé 32,12 mbj en moyenne en novembre.
« Rien n'est décidé »
Le marché pétrolier, dont les prix ont évolué dernièrement à proximité de leurs plus bas niveaux en six ans et demi, est déprimé par la surabondance d'offre due notamment à l'offensive commerciale de l'Opep, Arabie saoudite en tête, qui inonde le monde d'or noir pour défendre ses parts de marché face aux hydrocarbures de schiste américains, mais aussi aux pays non membres du cartel, dont la production a récemment atteint des niveaux records. « Il semble que le niveau du pétrole de schiste (américain) n'a pas baissé, mais il n'a pas augmenté significativement », a relevé le ministre iranien du Pétrole. « Mais les pays membres de l'Opep ont perdu tellement d'argent et visiblement nous ne pouvons pas changer la situation à court terme », a concédé M. Zanganeh.
Selon des informations de presse, l'Arabie saoudite pourrait être prête à se prononcer en faveur de réductions de production si elles étaient partagées par les pays non-membres de l'Opep. Or, la Russie, qui s'est maintenue en novembre à un niveau proche des records postsoviétiques atteints cette année – à plus de 10,7 mbj – ne se montre pas plus disposée que l'Iran à revoir sa politique. « Nous avons dit à de nombreuses reprises que nous ne jugeons pas opportun de baisser notre niveau de production, parce que les conditions ne sont pas les mêmes pour nous. Ce sont des entreprises privées qui travaillent dans ce secteur chez nous », a fait savoir hier le ministre russe de l'Énergie, Alexandre Novak, cité par les agences russes.
Les ministres des 12 pays de l'Opep et de l'Indonésie, qui va faire son retour au sein du club, devraient ainsi répéter leur décision de juin. « Rien n'est décidé, nous sommes encore en train de discuter », a déclaré le ministre irakien du Pétrole, Adil Abdul Mahdi, après avoir reconnu la veille n'être « pas satisfait des prix du pétrole ». « Il semblerait que la plupart des membres de l'Opep soient prêts à donner leur accord à une baisse de la production, le seul problème est qu'aucun d'eux ne parle de sa propre production, mais plutôt de celle de l'Arabie saoudite ou d'autres États du Golfe », résumait un analyste de Commerzbank, cité par l'AFP.
(Sources : « L'OLJ » avec agences)


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