Le président français François Hollande a effectué hier une visite au Bourget, où il s’est adressé aux négociateurs de la conférence sur le climat. Bertrand Guay/AFP
Lutter contre le réchauffement climatique est « un impératif économique et de sécurité », a averti hier le président américain Barack Obama, lors d'une conférence de presse à Paris. Au rythme actuel, nous devrons « rapidement consacrer de plus en plus de nos ressources économiques et militaires » à l'adaptation au changement climatique, a expliqué M. Obama.
Cet avertissement du président américain a accru la pression sur les délégués des 195 pays participant à la conférence sur le climat de Paris (COP21), engagés dans des négociations marathons en vue d'un accord d'ici à une dizaine de jours. En outre, les négociateurs, réunis au Bourget près de Paris sous l'égide de l'Onu, ont été exhortés à « travailler d'arrache-pied » par le président de la conférence, le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius.
Pour le président français François Hollande, qui a effectué une visite sur le site, comme pour son homologue américain, la conférence, qui doit s'achever en principe le 11 décembre, est plutôt en bonne voie mais rien n'est acquis. Elle est « bien partie », a estimé M. Hollande, tout en repérant deux écueils : « Soit on charge la barque et elle coule, soit on l'allège et elle ne va nulle part. Il faut que ce soit une embarcation qui fait que le monde avance pour les prochaines années avec un horizon, un cap et des moyens d'être sûrs d'arriver à moins de deux degrés » de réchauffement. M. Obama s'est, pour sa part, dit « optimiste ». « Nous allons réussir », a-t-il affirmé. « Amener 200 nations à se mettre d'accord sur quoi que ce soit est difficile », a-t-il toutefois admis.
Ce sommet a pour but de donner une impulsion politique aux négociations, qui avait tant manqué à la conférence de Copenhague. « Le temps est venu d'élaborer des positions collectives qui répondent aux inquiétudes de toutes les parties et puissent être adoptées par consensus », a souligné Daniel Reifsnyder, coprésident des débats.
La tâche s'annonce toutefois ardue, le projet d'une cinquantaine de pages contenant encore beaucoup d'options. Le texte en débat est divisé en grands chapitres : objectif de long terme de réduction des émissions de gaz à effet de serre, adaptation au changement climatique, financements des politiques climatiques des pays du Sud, mécanisme pour réviser régulièrement à la hausse les engagements des pays, etc. Les négociateurs doivent remettre samedi une version élaguée du texte aux ministres de l'Environnement ou de l'Énergie, qui prendront la main durant la deuxième semaine de la COP21.
En marge de la conférence, l'Afrique, qui subit déjà de plein fouet les conséquences du réchauffement, avec notamment une avancée des déserts et un assèchement de ses cours d'eau, s'est vu promettre 2 milliards d'euros d'ici à 2020 par la France pour développer ses énergies renouvelables.
(Source : AFP)


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