Rechercher
Rechercher

Moyen Orient et Monde - Sécurité

Les attentats de Paris, un déclic pour des jeunes prêts à servir la France

Malgré une nette augmentation des demandes de recrutement, les services de sécurité refusent de surfer sur un sursaut national.

La police, l’armée, les sapeurs-pompiers connaissent un boom de demandes de recrutement parmi les jeunes Français désireux de servir leur pays. Damien Meyer/AFP

Ils ont assisté, impuissants devant leurs téléviseurs, aux pires attentats commis en France. Depuis, pour « faire quelque chose », de nombreux jeunes Français se tournent vers les métiers de l'armée, la police ou des pompiers, qui gèrent l'affluence en sélectionnant les meilleurs profils.
« Pendant les attentats, j'ai vu tous ces secouristes qui aidaient les gens bénévolement. J'ai eu une sensation d'impuissance devant ma télé. Je me suis dit que moi aussi j'aimerais bien aider la population et la société », confie Simon Chaudemanche, étudiant en musicologie à Paris. Du jour au lendemain, ce jeune Parisien de 20 ans décide de se porter volontaire auprès des sapeurs-pompiers de Paris. Comme lui, 15 à 20 personnes – soit cinq fois plus qu'auparavant – poussent chaque jour les portes du bureau de recrutement des pompiers depuis les attentats du 13 novembre, qui ont fait 130 morts et 350 blessés. Simon a aussitôt décroché un service civique (équivalent d'un service militaire, mais à vocation sociale) : pendant dix mois, il fera partie d'une équipe d'ambulanciers, moyennant une rémunération symbolique d'environ 500 euros par mois.
Même phénomène au centre de recrutement des armées à Rennes, dans l'ouest de la France : le nombre de visiteurs est pratiquement passé du simple au double certains jours dans la semaine qui a suivi les attaques, témoigne le capitaine Gaël Briand, responsable de recrutement. « Depuis l'âge de 12-13 ans, j'avais envie de devenir fusilier-marin. Avec les attentats, j'y ai repensé, ça m'a remis l'idée en tête », raconte Alexandre Frapard, 18 ans, prêt à abandonner l'université pour servir sous les drapeaux.

Enthousiasme virtuel
Baptiste Girard avait de son côté abandonné ses études d'économie avant les attentats. Il se verrait bien désormais pilote de chasse, un métier au cœur de l'actualité, alors que les chaînes de télévision françaises diffusent à satiété depuis une semaine des images de Rafale décollant du porte-avions Charles de Gaulle, qui croise au large de la Syrie. Pour « être au service du pays » et « défendre ses valeurs : liberté, égalité, fraternité (...) un peu menacées vu ce qui s'est passé », explique-t-il.
La police, dont les unités d'élite ont pris d'assaut la semaine dernière dans un déluge de feu ultramédiatisé un appartement occupé par l'organisateur présumé des attentats de Paris, attire aussi la jeunesse française. Selon la Direction générale de la police nationale, le site lapolicenationalerecrute.fr a connu un boom de fréquentation après le 13 novembre avec plus de 20 000 visiteurs par jour contre 7 700 auparavant. Les téléchargements de dossiers d'inscription pour des postes contractuels d'adjoint de sécurité ont été multipliés par sept, jusqu'à 360 par jour.
Malgré l'engouement, les différentes institutions concernées gardent la tête froide, refusant de surfer sur un sursaut national. « On continue à travailler exactement de la même façon », assure le capitaine Gaël Briand, qui dirige le site de l'armée informant les candidats sur les possibilités de carrière dans la Défense nationale. « Il faut que chacun mûrisse sa décision, et ça ne se fait pas sous le coup de l'émotion. » Depuis le début de l'année, sur les 325 personnes qui ont manifesté un intérêt pour cette armée de l'air à Rennes, seules 129 ont déposé un dossier et 26 ont été retenues. « L'armée, ce n'est pas Call of Duty », cette série de jeux vidéo sur la guerre, souligne le capitaine Briand, en mettant en garde les candidats contre un enthousiasme trop virtuel.
L'armée est aussi soucieuse de recruter des jeunes solides et protégés de toute tentative de radicalisation. « Certains de nos jeunes en service civique ont été envoyés en intervention lors des attentats, ils ont vécu des moments très difficiles », raconte un pompier sous le couvert de l'anonymat. D'où l'importance de l'entretien de sélection, pour distinguer les plus motivés de « ceux qui ont simplement vu de la lumière et sont entrés », explique cet adjudant. « On leur demandait déjà s'ils étaient sûrs de vouloir faire cette mission. Avec les attentats, on va certainement insister de plus en plus sur le risque d'être confronté à des scènes très violentes », souligne-t-il.
Nora SCHWEITZER et Patrick BAERT/AFP

Ils ont assisté, impuissants devant leurs téléviseurs, aux pires attentats commis en France. Depuis, pour « faire quelque chose », de nombreux jeunes Français se tournent vers les métiers de l'armée, la police ou des pompiers, qui gèrent l'affluence en sélectionnant les meilleurs profils.« Pendant les attentats, j'ai vu tous ces secouristes qui aidaient les gens bénévolement. J'ai eu une sensation d'impuissance devant ma télé. Je me suis dit que moi aussi j'aimerais bien aider la population et la société », confie Simon Chaudemanche, étudiant en musicologie à Paris. Du jour au lendemain, ce jeune Parisien de 20 ans décide de se porter volontaire auprès des sapeurs-pompiers de Paris. Comme lui, 15 à 20 personnes – soit cinq fois plus qu'auparavant – poussent chaque jour les portes du bureau de recrutement...
commentaires (0) Commenter

Commentaires (0)

Retour en haut