Pour Maros Sefcovic, vice-président de la Commission européenne en charge de l’Union de l’énergie, l’année à venir sera donc une année « de grandes réalisations ». John Thys/AFP
Neuf mois après s'être dotée d'une stratégie pour l'indépendance énergétique des 28, l'Union européenne (UE) a affirmé hier sa volonté pour 2016 de se doter d'un cadre législatif lui permettant d'atteindre ses objectifs, notamment en matière d'approvisionnement, trop dépendant de la Russie.
En février 2015, l'UE a lancé l'Union de l'énergie, un programme destiné à réduire son importante facture énergétique, à la fois en tentant de réduire sa dépendance aux pétrole et gaz russes, de diminuer ses émissions de gaz à effet de serre, de faire des économies d'énergie ou encore d'augmenter sa part d'énergie renouvelable.
La Commission a publié hier son État de l'Union de l'énergie, un rapport qui à la fois dresse un bilan des neuf mois écoulés et lance des pistes pour l'année à venir. L'année 2015 a montré que les événements géopolitiques continuaient d'influencer les marchés de l'énergie, notamment la permanence des tensions entre Russie et Ukraine ou la faiblesse des prix du pétrole, note la Commission. « Les défis géopolitiques ne disparaîtront pas en 2016. L'UE devra poursuivre sa nouvelle diplomatie énergétique et parler d'une voix avec des pays tiers », prévient dans son rapport l'exécutif européen, qui vient de négocier un accord pour l'approvisionnement de gaz russe via l'Ukraine pour l'hiver.
L'année à venir sera donc une année « de grandes réalisations », a promis le vice-président en charge de l'Union de l'énergie, Maros Sefcovic. « Mon action en 2016 sera centrée sur l'objectif suivant : présenter la législation propre à améliorer le fonctionnement du marché de l'électricité, accroître la part des énergies renouvelables, réduire la consommation d'énergie et assurer la sécurité de l'approvisionnement gazier », a déclaré de son côté le commissaire responsable de l'Action pour le climat Miguel Arias Canete.
Économies d'énergie
À quelques jours de la conférence de Paris sur le climat, la Commission voit déjà au-delà et annonce son intention de présenter pendant la première moitié de l'année 2016 des propositions pour réduire ses émissions en dehors du marché du carbone (ETS) de 30 %, en s'attelant notamment à la question des transports et à de nouvelles procédures de tests d'émission de CO2 pour les véhicules légers.
Au travers d'une nouvelle directive sur l'énergie renouvelable, elle souhaite également proposer un cadre légal favorable à l'objectif d'énergie renouvelable à 27 % qu'elle s'est fixé.
Pour atteindre ces objectifs, la Commission souhaite également mettre l'accent sur les économies d'énergie, un point qui pour l'instant, « malgré des efforts significatifs », n'arrive pas à la hauteur des ambitions européennes, avec une estimation à 2020 de 17,6 % d'économies réalisées, contre 20 % espérées. La Belgique, l'Estonie, la France, l'Allemagne, les Pays-Bas, la Pologne et la Suède devront réduire leur consommation primaire d'énergie à un taux plus élevé entre 2014 et 2020 qu'entre 2005 et 2014 pour pouvoir atteindre leurs objectifs, souligne la Commission.
Dans sa quête d'une plus grande indépendance énergétique, l'UE prévoit également d'accélérer l'interconnexion de son réseau électrique. Huit États membres sont à la traîne pour atteindre un objectif de capacité d'interconnexion de 10 % en 2020, dont l'Italie, la Pologne, la Roumanie, l'Espagne ou encore le Royaume-Uni, indique le rapport. La Commission prépare par ailleurs pour 2016 un rapport sur les prix et coûts de l'énergie, afin d'offrir plus de transparence aux consommateurs.
Ce rapport n'a pas suscité l'enthousiasme des défenseurs de l'environnement, comme l'ONG WWF qui a critiqué « un concept (qui) reste une vision avec des angles morts ». « Passer du charbon au gaz va maintenir la dépendance de l'UE au oligarques étrangers et à des régimes peu scrupuleux », a observé Bram Claeys, conseiller climat et énergie de Greenpeace UE.
(Source : AFP)


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