Le président américain Barack Obama est arrivé hier aux Philippines pour un sommet Asie-Pacifique théoriquement consacré au commerce, mais où planera l'ombre de la menace terroriste mondiale et des tensions sino-américaines en mer de Chine. La réunion annuelle du Forum de la coopération économique pour l'Asie-Pacifique (Apec) s'ouvre aujourd'hui pour deux jours, moins d'une semaine après les attentats qui ont fait au moins 129 morts à Paris.
Ce forum sera principalement consacré aux questions de libre-échange entre ses 21 membres qui pèsent ensemble 57 % du commerce mondial et rassemblent 40 % de la population du globe.
Le président américain, son homologue chinois Xi Jinping et le Premier ministre japonais Shinzo Abe figurent parmi les invités de marque de ce sommet. M. Obama profitera de sa tournée asiatique – qu'il poursuivra en Malaisie pour le sommet de l'Association des Nations d'Asie du Sud-Est (Asean) – pour faire la promotion de l'accord de libre-échange transpacifique (TPP) signé le mois dernier par 12 membres de l'Apec, mais duquel la Chine est exclue. Pékin travaille de son côté à sa propre Zone de libre-échange de l'Asie-Pacifique (FTAAP). En marge du sommet de Manille, les chefs d'État du TPP se rencontreront pour la première fois depuis la signature de l'accord.
L'Apec, dont les États rassemblent 40 % de la population mondiale, compte des membres aussi divers que la Russie, le Pérou ou la Papouasie-Nouvelle-Guinée. Les présidents russe et indonésien, Vladimir Poutine et Joko Widodo, n'assisteront pas au sommet.
Les Philippines, qui ont déployé plus de 20 000 policiers et militaires, ont indiqué que le dispositif de sécurité autour du sommet avait encore été renforcé après les attentats en France qui seront certainement dans beaucoup des discussions entre les dirigeants rassemblés à Manille. « Il est impossible de séparer l'économique du non-économique dans notre monde interconnecté », explique Curtis S. Chin, un ancien ambassadeur américain auprès de la Banque asiatique de développement. « C'est vrai pour le combat contre le groupe État islamique comme pour la recherche de solutions pacifiques aux nombreuses disputes territoriales en mer de Chine méridionale », estime cet expert de l'institut Milken, un think-tank.
La Chine revendique des droits de souveraineté sur la quasi-totalité de la mer de Chine méridionale, notamment sur la zone de 12 milles entourant des îlots et récifs de l'archipel des Spratleys qu'elle a transformés en véritables îles artificielles. Les États-Unis, qui contestent ces revendications sur ces eaux – également convoitées par d'autres pays limitrophes (les Philippines, le Vietnam, la Malaisie, le sultanat de Brunei et Taïwan) –, ont promis hier une aide de 259 millions de dollars à certains d'entre eux pour assurer leur sécurité maritime. La Chine a plusieurs fois insisté sur le fait que ces contentieux maritimes n'avaient pas leur place au sommet de l'Apec. Mais la conseillère américaine à la Sécurité nationale, Susan Rice, a annoncé qu'ils seraient « un sujet central » de la visite aux Philippines de Barack Obama.
(Source : AFP)


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