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Nos lecteurs ont la parole - Karim Richard Jbeili

Des difficultés que pose le masochisme

Que dire ? Que faire après de tels événements ? À Beyrouth comme à Paris, c'est l'horreur, l'envie de vomir de révolte. Faire la leçon et dire je l'avais prévu ? Dire c'est la faute d'untel ou d'unetelle ? Tout ça a déjà été dit, déjà été fait, sans aucun résultat. Nous sentons tous que ce n'est pas la dernière. Nous savons que ce n'était pas la première. Les hommes politiques s'agitent en essayant de se donner de la contenance. Ils n'en ont pas parce que le problème est plus fort qu'eux, le problème dépasse leurs concepts traditionnels de politiciens. Ce que nous traversons aujourd'hui est un problème de civilisation. Non pas de conflit de civilisation comme on l'a longtemps cru. Non, un simple problème de civilisation. Notre civilisation est dépassée par un problème qu'elle ne comprend pas.
Ce n'est pas un problème qui vient de l'extérieur. Ce n'est pas un ennemi extérieur comme on l'a longtemps cru. Ce n'est pas un problème qui vient de la civilisation d'à côté. C'est un problème qui nous a atteints aussi bien qu'il a atteint la civilisation d'à côté. C'est là qu'on s'aperçoit qu'on est de la même civilisation parce qu'on est dans le même pétrin. Notre pensée est une pensée mécaniste. Une cause doit provoquer un certain effet. Notre pensée est une pensée psychologique. Les gens ont des intentions souvent cachées, et il faut surtout décrypter leurs intentions. Notre pensée est une pensée morale. Pour nous, il y a le bien et le mal. Celui qui fait le bien est gentil, celui qui fait le mal est méchant. Notre pensée est une pensée hédoniste. Tout le monde recherche le plaisir et évite la douleur.
Eh bien ! On a tout faux. Si le phénomène nous a pété dans la figure, c'est parce que notre pensée est cloîtrée dans des modèles vétustes et désuets qui nous empêchent de voir le nez au milieu de la figure. Fausse la pensée mécaniste. Lorsque nous agissons sur de tels événements, nous sommes l'effet et non pas la cause. Nous croyons être sublimes, nous ne sommes que ridicules. Fausse la pensée psychologique. Il n'y a personne là-dedans qui a des intentions perverses et inattendues. Nous sommes tous pris dans un problème qui nous dépasse et dans lequel nous ne faisons que réagir. Même le jeune qui avait le doigt sur la gâchette. Même le grand chef qui a donné les ordres en Irak ou en Syrie.
Faux le bien et le mal. Celui qui reçoit les coups n'est pas forcément le plus faible. Celui qui les donne n'est pas forcément le plus fort.
Faux pour l'hédonisme. Le masochisme est l'axe principal de toute l'affaire. Je cherche encore celui qui trouve du plaisir dans cette histoire. Le masochisme est paradoxal. Il se cherche un maître pour mieux le dominer. Chacun cherche à justifier la mise en branle de la haine en s'appuyant sur la haine de l'autre. C'est la haine qui est structurante. Il s'agit d'une problématique de la haine et non d'une problématique de l'amour. L'amour est depuis longtemps relégué aux oubliettes. La seule façon de sortir du pétrin est d'inhiber toutes les motions hostiles quelles que soient les provocations de l'autre, du tentateur masochiste. Ces actes sont masochistes parce qu'ils appellent des coups à venir. Tirer son épingle du jeu au plus vite. Ne pas tomber dans le piège sadomasochiste.
Ce qui pose problème, c'est qu'on se mêle de leurs affaires. Comme ils n'ont pas le contrôle d'eux-mêmes, toute intervention est perçue comme un envahissement. Chaque fois que la France les États-Unis ou la Grande-Bretagne se sont mêlés des problèmes du Moyen-Orient, non seulement ils l'ont payé cher mais, de plus, ils ont aggravé le problème au lieu de le résoudre. Pire encore, ils l'ont rendu chronique. Grâce aux interventions occidentales, les problèmes du M-O sont les plus vieux problèmes de la planète. Depuis plus d'un siècle, ils demeurent sans aucune perspective de solution. Il faut que l'Occident cesse de jouer les apprentis sorciers. Il faut qu'il cesse de se prendre pour le grand médecin de la planète. Let's face it, il est nul et n'a aucune compétence en la matière.

Karim Richard JBEILI
Psychologue

Que dire ? Que faire après de tels événements ? À Beyrouth comme à Paris, c'est l'horreur, l'envie de vomir de révolte. Faire la leçon et dire je l'avais prévu ? Dire c'est la faute d'untel ou d'unetelle ? Tout ça a déjà été dit, déjà été fait, sans aucun résultat. Nous sentons tous que ce n'est pas la dernière. Nous savons que ce n'était pas la première. Les hommes politiques s'agitent en essayant de se donner de la contenance. Ils n'en ont pas parce que le problème est plus fort qu'eux, le problème dépasse leurs concepts traditionnels de politiciens. Ce que nous traversons aujourd'hui est un problème de civilisation. Non pas de conflit de civilisation comme on l'a longtemps cru. Non, un simple problème de civilisation. Notre civilisation est dépassée par un problème qu'elle ne comprend pas.Ce n'est pas un...
commentaires (2)

CHER MONSIEUR, 1 - ON NE VOMIT PAS DE RÉVOLTE... ON SE SOULÈVE ! 2 - CE QUI SE PASSE MONDIALEMENT SE SONT DES CONFLITS DE CIVILISATIONS AUX SAUCES RELIGIEUSES... 3 - CHEZ NOUS, NOS PROBLÈMES SOURDENT DE NOS PROPRES SOURCES ! 4 - JE REGRETTE MAIS TOUT LE RESTE N'EST QUE CONFUSION ÉMOTIVE !

La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

19 h 05, le 17 novembre 2015

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Commentaires (2)

  • CHER MONSIEUR, 1 - ON NE VOMIT PAS DE RÉVOLTE... ON SE SOULÈVE ! 2 - CE QUI SE PASSE MONDIALEMENT SE SONT DES CONFLITS DE CIVILISATIONS AUX SAUCES RELIGIEUSES... 3 - CHEZ NOUS, NOS PROBLÈMES SOURDENT DE NOS PROPRES SOURCES ! 4 - JE REGRETTE MAIS TOUT LE RESTE N'EST QUE CONFUSION ÉMOTIVE !

    La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

    19 h 05, le 17 novembre 2015

  • "Ce qui pose problème, c'est qu'on se mêle de leurs affaires. Qu'ils se démerdent entre eux et qu'ils se fracassent encore plus ce qui leur reste de cervelle. Comme ils n'ont pas le contrôle d'eux-mêmes, toute intervention est perçue comme un envahissement. Chaque fois que les puissances impérialistes se sont mêlées des problèmes de ces gens, ils ont aggravé le problème au lieu de le résoudre. A cause de ces interventions postcoloniales, ces problèmes "monothéistes" sont les plus vieux problèmes de la planète. Depuis plus d'un siècle, ils demeurent sans aucune perspective de solution. Il faut que le Nord, russe inclus, cesse de jouer l'apprenti sorcier. Il faut qu'il cesse de se prendre pour le grand médecin de la planète. Let's face it, il est arrogant, nul, mercantile, insatiable et gourmand et n'a aucune compétence en la matière." !

    ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

    13 h 02, le 17 novembre 2015

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