Les ennemis devenus amis.
Pour Léa Baroudi, cofondatrice et directrice de MARCH, il ne suffisait pas seulement d'emmener ce groupe de combattants alaouites et sunnites sur les planches pour exorciser les peurs et la haine contenues depuis des décennies. Il fallait, après le succès de la pièce de théâtre réalisée par Lucien Bourjeily et interprétée par les 16 jeunes gens de Jabal Mohsen et Bab el-Tebbané, aller plus loin. Comment montrer le processus de cette pièce théâtrale ? Comment rentrer dans l'intimité de ces jeunes filles et garçons, les amener à parler de leur passé, des raisons qui les ont poussés à porter les armes ? Un seul moyen : la caméra. À travers une caméra presque cathartique, où chacun se révèle en parlant de ses blessures, de sa haine enfouie, de ses inimitiés avec l'autre, le projet théâtral de Lucien Bourjeily s'étoffe et prend une autre dimension.
Porté donc à l'écran sous forme d'un documentaire de quarante minutes, Love and war on the rooftop est le travail collectif d'une fondatrice d'ONG, prête à contaminer tous les belligérants avec de l'amour, d'un metteur en scène de théâtre et d'un cinéaste qui, tout en pudeur et avec un montage habile et fluide qui ne verse pas dans le pathos, a su sonder la vie intime de ces jeunes ex-ennemis devenus désormais amis.
Le documentaire est émaillé d'interventions d'artistes comme Nadine Labaki, Georges Khabbaz et Rafic Ali Ahmad, ainsi que des photos d'archives de Tripoli, parfois en image floue. Cela veut-il dire que cette image de la capitale du Nord fait actuellement partie du passé ?
*Ce soir à 19h30 au Metropolis Empire Sofil. Les bénéfices sont au profit de la reconstruction d'un centre culturel sur l'ex-ligne de démarcation entre Bab el-Tebbané et Jabal Mohsen


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