Kate Winslet en secrétaire fidèle à Jobs.
Après un premier film sorti en 2013 sur la biographie d'un créateur de génie, interprété par le plus que banal ex de Demi Moore, voilà que trois excellents artistes conjuguent leurs efforts pour le nouveau Steve Jobs. Comment faire le portrait de ce visionnaire sans sombrer dans une plate histoire digne de Wikipédia ? Comment donner une œuvre intéressante, à la hauteur de cet homme inventif, colérique, nerveux et à l'ego démesuré ?
La recette est simple, et en trois étapes...
1. Le scénariste Aaron Sorkin a signé jusqu'à présent des petites perles, télévisées et cinématographiques. Il n'y a qu'à se souvenir de The West Wing (meilleure série télévisée jusqu'à présent) ; A Few Good Men et The Social Network, sur le parcours du père de Facebook.
Aaron Sorkin est un obsédé de perfection, qui accorde autant d'importance aux dialogues qu'aux points et aux virgules, car ils en sont le rythme et le souffle. Il ne pouvait que réussir ce portrait de Jobs, un autre passionné de perfection. En essayant de lire entre les lignes du scénario de Sorkin, on réalise que tout le problème de Jobs est une question de paternité. Revendiquer la paternité de ses produits en même temps que renier celle de sa fille Lisa : ne sont-ils pas les deux facettes d'un génie, rejeté lui-même par ses parents ? Un profil en yin et yang ?
2. Le réalisateur irlandais Danny Boyle ne fait jamais des films ordinaires. Ils sont soit particulièrement loués, comme Trainspotting (1996) ou Slumdog Millionaire, qui lui a offert l'oscar du meilleur metteur en scène en 2008, soit moins appréciés par le public, comme Petits meurtres entre amis, 127 Hours ou Trance (2013). Mais toujours est-il que sa mise en scène est toujours une gifle en pleine figure.
Mené en trois actes – la présentation de trois des produits de Jobs –, le film, électrisant et dynamique, secoue. À l'instar d'une pièce de théâtre, ce duel de mots qui fait mouche hypnotise et déstabilise le spectateur, lui faisant croire qu'il a affaire à un thriller ou à un film d'action, alors qu'il n'assiste qu'à un simple biopic. Pour l'anecdote, le Hollywood Reporter a noté que chaque séquence de ce film divisé en triptyque a été filmée dans un format différent : 16 mm pour 1984, 35 mm pour 1988, et en numérique pour 1998.
Steve Wozniak, le cofondateur d'Apple, incarné à l'écran par Seth Rogen, a vu un premier montage du film : « J'ai senti que j'étais en train de regarder Steve Jobs et les autres, pas des acteurs en train de les imiter. » Contrairement au premier biopic avec Ashton Kushter, ce film est, pour lui, « authentique ». Il le dit franco : « Bravo à Danny Boyle et Aaron Sorkin pour avoir été si justes. »
3. Michael Fassbender. De prime abord, le si bel acteur ne ressemble pas à Steve Jobs. Aucun trait en commun. Mais ce parfait caméléon n'a pas besoin d'une ressemblance quelconque pour incarner remarquablement son personnage. De Hunger, où il interprétait en squelette décharné un rebelle irlandais faisant la grève de la faim, à la figure robotisée de Prometheus, en passant par Shame et X-men, le beau gosse devenu célèbre grâce à Tarantino dans Inglorious Basterds change de face aisément. C'est ce qui fait dire aux critiques que Steve Jobs lui offrira probablement (et enfin) l'oscar.
Pour mémoire
Steve Jobs ange ou démon ?
La recette est simple, et en trois étapes...
1. Le scénariste Aaron Sorkin a signé jusqu'à présent des petites perles, télévisées et cinématographiques. Il n'y a qu'à se souvenir de The West Wing (meilleure série télévisée jusqu'à présent) ; A Few Good Men et The Social Network, sur le parcours du père de Facebook.Aaron Sorkin est un obsédé de perfection, qui accorde autant...

