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Économie - Automobile

Renault examine la crise avec la France, Nissan perd patience

Le conseil d'administration de Renault a temporisé hier à l'issue d'une semaine de montée des tensions sur le rôle de l'État actionnaire, tandis que le partenaire japonais Nissan a manifesté son impatience.
Dans un communiqué diffusé à l'issue d'une réunion extraordinaire, les 19 membres du conseil de la firme au losange ont dit avoir « décidé de s'organiser pour favoriser la recherche et la formalisation d'une solution préservant l'intérêt social de Renault et renforçant l'alliance » avec Nissan. Concrètement, selon une source proche des participants, le conseil a décidé « de désigner en son sein une sorte de comité ou de cellule chargée de proposer une solution », tandis que, de source syndicale, la réunion s'est déroulée avec « la volonté de calmer le jeu ».
Cette rencontre s'est en effet déroulée au terme d'une nouvelle semaine de tiraillements entre Nissan et Bercy sur l'influence récemment renforcée de l'État chez Renault. En fin de matinée, le ministre de l'Économie, Emmanuel Macron, a prévenu qu'il ne « laisserai(t) jamais mettre l'État en fragilité, jamais considérer l'État comme un actionnaire au rabais ou jamais laisser dire des contre-vérités sur ce que fait l'État » chez Renault.
Et Nissan a laissé percevoir son impatience, son directeur de la compétitivité, Hiroto Saikawa, affirmant que son entreprise « voudrait résoudre cette question dès que possible afin de pouvoir rétablir les bases d'une alliance fructueuse ».
À la source des tensions, la décision du gouvernement français de monter au capital de l'ancienne Régie nationale au printemps. De 15 %, la part de l'État est montée à 19,7 %. Le gouvernement a ainsi réussi à imposer, lors de l'assemblée générale des actionnaires le 30 avril, l'application de la loi « Florange » qui récompense les détenteurs d'actions de long terme par l'octroi de droits de vote double.
Le coup de force du gouvernement, qui va pouvoir exercer de tels droits dès la prochaine AG en 2016, a provoqué l' « inquiétude » de Nissan, dirigé, comme Renault, par Carlos Ghosn. Les deux entreprises sont liées depuis 1999.
Hier, M. Macron a martelé que « les droits de vote double, c'est l'application de la loi Florange, elle s'est décidée en assemblée générale ». Il a redit hier que l'État retrouverait à terme son niveau de 15 % dans Renault, sans préciser à quelle échéance.
Renault détient 43,4 % de Nissan et une filiale de ce dernier contrôle 15 % du groupe français.
Cependant, au titre de règles sur « l'autocontrôle », les actions détenues par Nissan ne lui confèrent pas de droits de vote à l'assemblée générale de Renault, une situation que le constructeur japonais supporte de plus en plus mal.
Ces dernières semaines, les rumeurs ont enflé sur une modification de l'alliance : possibilité de voir Renault passer sous la barre des 40 % de Nissan afin de débloquer les droits de vote du japonais chez Renault, voire que Nissan monte au capital de son partenaire pour contrer l'influence de l'État.
(Source : AFP)

Le conseil d'administration de Renault a temporisé hier à l'issue d'une semaine de montée des tensions sur le rôle de l'État actionnaire, tandis que le partenaire japonais Nissan a manifesté son impatience.Dans un communiqué diffusé à l'issue d'une réunion extraordinaire, les 19 membres du conseil de la firme au losange ont dit avoir « décidé de s'organiser pour favoriser la recherche et la formalisation d'une solution préservant l'intérêt social de Renault et renforçant l'alliance » avec Nissan. Concrètement, selon une source proche des participants, le conseil a décidé « de désigner en son sein une sorte de comité ou de cellule chargée de proposer une solution », tandis que, de source syndicale, la réunion s'est déroulée avec « la volonté de calmer le jeu ».Cette rencontre s'est en effet déroulée...
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