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Économie - Industrie

En quête de profits, les géants de l’agrochimie se préparent à de grandes manœuvres

Face à des marchés agricoles à la peine, des investisseurs activistes ou une innovation au ralenti, les mastodontes de l'agrochimie s'efforcent de donner un coup de fouet à leurs résultats en projetant des rapprochements de grande envergure.
Les américains Monsanto, Dow Chemical et DuPont, les allemands BASF et Bayer, et le suisse Syngenta, aussi surnommés les « big 6 » du secteur, avancent leurs pions.
Monsanto a engagé les hostilités au printemps en offrant, en vain, jusqu'à 46 milliards de dollars pour racheter le suisse Syngenta. Qu'importe cet échec, les négociations continuent d'aller bon train entre les plus gros vendeurs de pesticides et d'OGM. « Tout le monde parle à tout le monde », a assuré le directeur général de Dow Chemical fin octobre. La consolidation du secteur est « inévitable », selon le patron de Monsanto.
Et, selon le Wall Street Journal paru hier, qui s'appuie sur des sources anonymes, DuPont a entamé des discussions avec Syngenta en vue d'une fusion, tout en négociant avec Dow Chemical d'un mariage de leurs activités d'engrais, de pesticides et d'herbicides.
« La raison principale de ce mouvement est la situation actuellement tendue de l'économie agricole », estime Jeremy Redenius du cabinet Bernstein. « Les prix des récoltes baissent depuis 2 ou 3 ans, la croissance des volumes ralentit, les entreprises se tournent vers la consolidation pour renforcer leurs positions », note l'analyste.
Dans certaines zones et certains produits, le secteur est déjà très concentré depuis les années 90, les grands groupes de chimie ayant tout intérêt à combiner la commercialisation de pesticides et d'herbicides à celle de semences OGM résistant à ces mêmes substances chimiques. En Amérique du Nord, le marché des produits phytosanitaires est ainsi à plus de 80 % aux mains des « big 6 », et trois groupes seulement (Monsanto, DuPont et Syngenta) se partagent 80 % des ventes de semences de maïs, selon John Klein, analyste chez Berenberg. Les difficultés actuelles des marché agricoles, qui réduisent les revenus des proies potentielles et amenuisent leur valorisation, ne font qu'accélérer les choses, selon lui. Monsanto par exemple « s'est focalisé au cours de la dernière décennie sur le maïs et le soja, l'Amérique du Nord et le Brésil », remarque-t-il.
Mais l'explosion de la demande de maïs pour l'éthanol aux États-Unis ou de soja pour l'élevage en Chine va ralentir ces prochaines années. L'entreprise est donc en quête de sources alternatives de croissance. Dow Chemical et DuPont doivent en outre composer avec des investisseurs activistes, respectivement les fonds de Daniel Loeb (Third Point) et de Nelson Peltz (Trian), qui leur reprochent une rentabilité insuffisante, et exigent des scissions.
Les spécialistes de l'agrochimie manquent aussi d'innovation, selon John Klein. « Après 3 ou 4 années de lancements de produits à fort potentiel, les tuyaux sont relativement vides, mis à part peut-être pour Dow ou le portefeuille soja de Monsanto », estime l'analyste. Faute de pouvoir se différencier sur leurs technologies, les grands groupes « vont probablement se faire concurrence sur les prix » et rogner sur leurs profits. D'où la nécessité d'aller chercher de la croissance ailleurs.
Rapprochement, offre amicale ou hostile, aucune opération n'est encore officielle chez les « big 6 » du secteur, qui doivent aussi s'assurer du blanc-seing des autorités de la concurrence.
Le remaniement a en revanche déjà commencé pour les entreprises plus petites. Le producteur de potasse canadien Potash a certes renoncé à acquérir son concurrent allemand K+S début octobre. Mais le groupe chimique américain FMC a finalisé en avril l'acquisition du danois Cheminova, et son compatriote Platform s'est offert en 2014 l'européen Agriphar, une filiale de l'américain Chemtura, et l'irlandais Arysta LifeScience pour former un pôle agrochimique imposant.
Le français Vilmorin, quatrième semencier mondial habitué aux petites acquisitions à l'international, a pour sa part manifesté son intérêt pour les semences potagères de Syngenta, que le groupe suisse s'apprête à mettre en vente.

(Source : AFP)

Face à des marchés agricoles à la peine, des investisseurs activistes ou une innovation au ralenti, les mastodontes de l'agrochimie s'efforcent de donner un coup de fouet à leurs résultats en projetant des rapprochements de grande envergure.Les américains Monsanto, Dow Chemical et DuPont, les allemands BASF et Bayer, et le suisse Syngenta, aussi surnommés les « big 6 » du secteur, avancent leurs pions.Monsanto a engagé les hostilités au printemps en offrant, en vain, jusqu'à 46 milliards de dollars pour racheter le suisse Syngenta. Qu'importe cet échec, les négociations continuent d'aller bon train entre les plus gros vendeurs de pesticides et d'OGM. « Tout le monde parle à tout le monde », a assuré le directeur général de Dow Chemical fin octobre. La consolidation du secteur est « inévitable », selon le...
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