À l’occasion de la sortie de Spectre, le dernier James Bond, L’Orient-Le Jour s’est amusé, pour vous, for your eyes only : découvrez nos top 5, tous domaines confondus, étalés sur les vingt-quatre 007 sortis en 53 ans.
POUR « SPECTRE »
Brice LAEMLE
Après le plus gros succès de la saga, Skyfall (2012), il était inimaginable que le couple Daniel Craig-Sam Mendes ne se reforme pas. Cette fois-ci, la seconde est enclenchée, pied au plancher. Impossible de résister au plan-séquence introductif, magnifiquement mis en valeur par la musique de Thomas Newman. La réalisation de Mendes est millimétrée, tout comme les costards portés avec classe par Craig. L'histoire reprend logiquement sur la dichotomie entre espionnage «à l'ancienne», en perte de vitesse, et les nouvelles
technologies.
Tandis que le précédent se voulait mélancolique et tourmenté, Spectre ne s'embarrasse pas vraiment par la psyché. Pourtant, les plaies cicatrisent aussi lentement que les fantômes s'effacent pour de bon. Alors quoi de mieux qu'une psychanalyste française du nom de Madeleine Swann – clin d'œil à Marcel Proust – pour aider 007 à y voir plus clair ? L'autre point fort de ce 24e épisode est justement la performance de la radieuse Léa Seydoux, femme-enfant, semblant parfois fragile, mais réellement indépendante, et au caractère bien trempé.
Christoph Waltz dans le rôle de Franz Oberhauser, le diabolique à la tête de l'organisation Spectre, ne fait pas vraiment frissonner. Certes, il porte des pantacourts. Mais il se sert d'instruments de torture ultramodernes. Pire qu'effrayer, le méchant mégalomane sadique fait rire jaune. Face à lui, Daniel Craig semble parfois en pilote automatique, mais le costume lui sied si bien. Presque autant qu'à Sean Connery. C'est dire.
CONTRE « SPECTRE »
Colette KHALAF
Si le film s'ouvre (avouons-le) sur une excellente scène de danse de(s) mort(s) à Mexico et un ballet tout aussi fatal dans les airs avec un petit plan-séquence comme amuse-gueule, très vite, le rythme tombe et l'ennui s'installe. Un film de James Bond a sa recette et ses ingrédients que tout le monde connaît: femmes (toutes jolies même les méchantes) et poursuites sur l'eau, dans les airs ou sur terre. Mais l'épice essentielle à un James Bond, celle qui relève subtilement la sauce, est sans aucun doute le méchant. «Meilleur est le méchant, meilleur est le film», disait le maître du suspense, sir Hitch. Son profil? L'alter ego de l'agent 007, son dark side, ce côté sombre (concept élaboré avec Chris Nolan et repris depuis dans Skyfall). Si tous ces assaisonnements sont bien dosés, alors le mélange est réussi. Or, côté femmes, Spectre est plutôt avare en belles femmes. Il n'y en a que deux, voire une (Léa Seydoux), car Monica Bellucci ne fait que passer dans un (mauvais) coup de vent. Pour les poursuites, elles ne pourraient pas être considérées comme telles. Paysages sur écran large où l'on voit filer un train, où des montagnes enneigées sans ski se profilent. On sait Sam Mendes esthète, mais que diable, c'est un James Bond, pas n'importe quel film d'action! Au total, ce sont trois belles scènes formant une belle écorce, mais sans rien à l'intérieur. Enfin, et c'est là où le bât blesse, le méchant incarné par Christoph Waltz, jadis excellent dans Inglorious Basterds, fait pâle figure. Caricature de lui-même, il ne pêche ni par vice ni par mégalomanie, mais par absence. Sam Mendes ferait mieux de tirer sa révérence. Ou de changer de scénariste.
NOS CLASSEMENTS
Le top 5 des scènes prégénérique
Brice LAEMLE
Après le plus gros succès de la saga, Skyfall (2012), il était inimaginable que le couple Daniel Craig-Sam Mendes ne se reforme pas. Cette fois-ci, la seconde est enclenchée, pied au plancher. Impossible de résister au plan-séquence introductif, magnifiquement mis en valeur par la musique de Thomas Newman. La réalisation de Mendes est millimétrée, tout comme les costards portés avec classe par Craig. L'histoire reprend logiquement sur la dichotomie entre espionnage «à l'ancienne», en perte de vitesse, et les nouvellestechnologies.Tandis que le précédent se voulait mélancolique et tourmenté, Spectre ne s'embarrasse pas vraiment par la psyché. Pourtant, les plaies cicatrisent aussi lentement que les fantômes s'effacent pour de bon. Alors quoi de mieux qu'une psychanalyste française du...


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