Des citoyens russes ont rendu hommage, hier à Saint-Pétersbourg, aux victimes du crash de l’Airbus A321 dans le Sinaï. Photo AFP / Olga Maltseva
Le groupe État islamique (EI) a réaffirmé, hier, être responsable du crash de l'avion russe dans le désert égyptien du Sinaï, mais aucun nouveau élément n'est venu étayer l'hypothèse d'un attentat. Dans un court message audio posté sur son compte Twitter habituel, la branche égyptienne de l'EI, « Province du Sinaï », a réaffirmé sa responsabilité, cinq jours après avoir annoncé qu'il avait « fait tomber » l'avion. Mais le groupe jihadiste ajoute que ce n'est pas à lui d'en faire la preuve et qu'il en livrera la démonstration quand il le voudra. « Nous n'avons aucune obligation d'expliquer comment il s'est écrasé », affirme un homme qui ne livre pas son identité. « Nous vous livrerons les détails de la manière dont il est tombé au moment que nous aurons choisi », conclut-il. Dans un autre message sur Twitter, le groupe jihadiste a revendiqué un attentat perpétré hier matin par un kamikaze qui a fait exploser sa voiture piégée devant un club de la police à al-Arich, chef-lieu de la province du Nord-Sinaï, tuant au moins quatre policiers, selon les médias d'État. « Province du Sinaï », qui commet quasi quotidiennement des attaques meurtrières visant policiers et soldats, a indiqué que cet attentat avait été mené en représailles à « l'arrestation de femmes bédouines par les forces apostates » dans la région.
Sissi à Londres
C'est dans ce contexte que le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi a quitté Le Caire, hier, pour une visite de trois jours à Londres, selon l'agence Mena. Au cours d'une conversation téléphonique, il a convenu avec le Premier ministre britannique David Cameron de la nécessité d' « assurer la sécurité la plus stricte possible » à l'aéroport de Charm el-Cheikh, d'où avait décollé l'avion russe, a indiqué Londres. Cet aéroport accueille chaque jour des milliers de touristes venus passer des vacances sur les rives de la mer Rouge. Le président Sissi avait prévenu mardi, dans une interview à la BBC, qu'il faudrait « du temps » pour déterminer la cause du crash, même s'il qualifiait hier dans le quotidien britannique Daily Telegraph de « spéculations sans fondement » l'idée d'un attentat de l'EI. L'analyse des boîtes noires, qui a débuté mardi dans les locaux du ministère égyptien de l'Aviation civile, est une opération complexe en fonction notamment de l'état des enregistreurs, a-t-on indiqué dans les milieux de l'enquête.
D'autre part, Londres a annoncé hier avoir « de nouvelles informations » laissant craindre qu'une bombe n'ait été responsable du crash de l'avion russe. « Nous ne pouvons toujours pas dire catégoriquement pourquoi l'avion russe s'est écrasé. Mais à la lumière de nouvelles informations, nous avons des craintes que la chute de l'avion n'ait été provoquée par un engin explosif », a déclaré un porte-parole du Premier ministre David Cameron. « En conséquence, nous avons décidé, par mesure de précaution, de suspendre les vols entre Charm el-Cheikh et le Royaume-Uni », a ajouté le porte-parole.
« Flash de chaleur »
La chaîne de télévision CNN, citant un responsable américain anonyme, avait affirmé qu'un satellite militaire américain avait détecté un « flash de chaleur » provenant de l'Airbus au moment du drame. Cela « suggère qu'un événement catastrophique – y compris peut-être une bombe – s'est produit en vol », selon cette source. Pour la compagnie Metrojet, seul un facteur « extérieur » peut expliquer le crash. Elle a ainsi rejeté la possibilité d' « une défaillance technique » ou d' « une erreur de pilotage » et a déclaré que l'avion était en « excellent état ».
Selon des experts, l'appareil a dû subir un choc extrêmement soudain au point que le pilote en a instantanément perdu le contrôle.
Il est exclu que l'avion ait pu être atteint à près de 10 000 mètres d'altitude par un missile du type de ceux dont dispose l'EI dans le Sinaï. Restent donc deux hypothèses : un problème technique qui provoque une explosion et une dislocation immédiate de l'appareil ne laissant pas le temps au pilote de communiquer – cas rarissime selon les experts –, ou une bombe, apportée dans l'appareil par un occupant ou placée à bord par un membre du personnel au sol. Pour les experts, même un engin explosif de petite taille est suffisant pour ouvrir une brèche dans la carlingue et disloquer ainsi l'appareil en raison de la pressurisation à haute altitude.
L'Airbus A321 s'était écrasé samedi matin dans le Sinaï 23 minutes après avoir décollé. Ses occupants, 217 passagers et sept membres de l'équipage, ont tous péri dans le crash, la pire catastrophe aérienne qui n'ait jamais frappé la Russie.
(Source : AFP)


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