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Culture - Scène

Quand Avédissian devient Badiaa, et Badiaa devient Beyrouth

« Les secrets de sitt Badiaa » sont dévoilés à travers un monologue de plus d'une heure sur les planches du Metro al-Madina*. Outrancière et touchante, Nada Abou Farhat dialogue avec la mort et le temps.

Nada Abou Farhat incarne avec brio une ancienne séductrice outrancière. Photo Marwan Assaf

Sitt Badiaa est une courtisane. De luxe. Elle a côtoyé les grands de ce monde. Aujourd'hui, cette diva est au crépuscule de sa vie. Alors qu'elle émerge de son tas d'habits jetés ici et là sur le plancher de sa chambre, Maguy Farah, « la diseuse de bonne aventure chic », lui prédit qu'au coup de minuit, elle va mourir. Sitt Badiaa n'a pas peur de la mort. Elle a peur de ce corps qui s'ankylose, de ce cerveau qui se dessèche, de ces rictus qui se dessinent sur des lèvres émaciées. De cette peau qui tombe, tombe... Sitt Badiaa se grime, se maquille, se poudre le nez tout en mélangeant passé et présent, Lanvin et Balenciaga, et en égrenant les noms de ses amants passés. Et pourtant, elle n'a eu qu'un seul amour !

 

Monologue d'une vieille peau
Au fur et à mesure que les souvenirs se chevauchent, ce n'est plus sitt Badiaa qui se profile sous les traits de Nada Abou Farhat (car c'est bien de cette comédienne qu'il s'agit), mais la capitale lumineuse du Liban. Une ville jadis éclairée, belle et séductrice, mais désormais rabougrie, fripée, que tout le monde rejette et qui vendrait volontiers son corps au diable. Avec une nostalgie bien à lui, Gérard Avédissian se souvient de Beyrouth, du Carlton au Phoenicia, de Camille Chamoun à nos jours. Des années glorieuses et moins glorieuses, projetées parfois sur écran. Il n'a pas la langue dans sa poche, l'auteur/metteur en scène, et il compte tout déverser. Il n'a rien à perdre. C'est sa façon à lui d'exorciser le sort, de rejeter les démons et de faire un pied de nez à la mort. De l'aigreur ? Non. Mais une certaine amertume qui vous donne une bonne gifle. Un langage de charretier, parfois un texte écorché, mais qui est tellement bien porté par cette actrice authentique et passionnée. Nada Abou Farhat a accompagné le metteur en scène dans ses outrances, ses certitudes, mais aussi ses angoisses. Elle est tellement réelle, la diablesse. Tenir la scène et en haleine son public durant plus d'une heure était une gageure qu'elle a formidablement relevée. Et c'est ce travail sur son allure, sa voix de vieille pie ou encore ses simagrées qui font parfois oublier le verbe. Qu'importe le verbe s'il y a le geste ? Un geste maîtrisé qui fait justement honneur à son auteur.

*Tous les mardis, mercredis et dimanches à 21h.

Sitt Badiaa est une courtisane. De luxe. Elle a côtoyé les grands de ce monde. Aujourd'hui, cette diva est au crépuscule de sa vie. Alors qu'elle émerge de son tas d'habits jetés ici et là sur le plancher de sa chambre, Maguy Farah, « la diseuse de bonne aventure chic », lui prédit qu'au coup de minuit, elle va mourir. Sitt Badiaa n'a pas peur de la mort. Elle a peur de ce corps qui s'ankylose, de ce cerveau qui se dessèche, de ces rictus qui se dessinent sur des lèvres émaciées. De cette peau qui tombe, tombe... Sitt Badiaa se grime, se maquille, se poudre le nez tout en mélangeant passé et présent, Lanvin et Balenciaga, et en égrenant les noms de ses amants passés. Et pourtant, elle n'a eu qu'un seul amour !
 
Monologue d'une vieille peauAu fur et à mesure que les souvenirs se chevauchent, ce n'est plus sitt...
commentaires (1)

Que de talents que je ne connaissais pas!!! Malheureusement cette fois-ci pour interpréter un rôle si angoissant, difficile, mais réel. Bravo Nada Abou Farhat, vous êtes une actrice qui promet encore plus! Et j'espère que votre prochain rôle sera moins difficile à interpréter et plus relaxant pour le public... Félicitations!

Zaarour Beatriz

12 h 10, le 04 novembre 2015

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Commentaires (1)

  • Que de talents que je ne connaissais pas!!! Malheureusement cette fois-ci pour interpréter un rôle si angoissant, difficile, mais réel. Bravo Nada Abou Farhat, vous êtes une actrice qui promet encore plus! Et j'espère que votre prochain rôle sera moins difficile à interpréter et plus relaxant pour le public... Félicitations!

    Zaarour Beatriz

    12 h 10, le 04 novembre 2015

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