Nicolas Sarkozy a plaidé hier à Moscou pour un rapprochement avec la Russie dans le dossier syrien, l'occasion de mener de nouvelles attaques contre le président français, François Hollande, au point de susciter critiques à gauche et réserves à droite.
« Il n'y a qu'un seul président de la République, c'est François Hollande. Il mène une politique que je combats, mais je ne saisirai pas l'occasion d'un déplacement à l'étranger » pour critiquer la France, a assuré sur BFM TV l'ancien chef de l'État depuis Moscou, où il s'est entretenu hier avec le président russe Vladimir Poutine. M. Sarkozy ne s'est cependant pas privé de critiquer la politique menée par son successeur à l'Élysée et d'ironiser sur un François Hollande qui aurait « du mal à porter sa propre parole ».
Pour lui, Moscou est « incontournable » dans le règlement du dossier syrien. Contrairement à François Hollande, il a appelé à ne pas faire du départ de Bachar el-Assad un « prérequis », même si « quelqu'un qui a sur la conscience la mort de 250 000 compatriotes ne peut pas représenter l'avenir du pays ».
De fait, cette visite est quelque peu inédite : celle d'un ancien chef de l'État toujours activement engagé en politique, en visite chez l'un des plus importants dirigeants de la planète, livrant une analyse antagoniste de la position officielle française. Le Premier ministre Manuel Valls, interrogé sur cette visite, avait demandé à ne « pas mettre en cause » la position de la France « à l'extérieur », en soulignant qu'il s'agissait de la ligne de conduite du PS quand Nicolas Sarkozy était président de la République. M. Sarkozy a refusé de lui répondre : « Je ne veux pas polémiquer » ni céder à « la petite politicaille ».
(Source : AFP)


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20 h 04, le 30 octobre 2015