« Élever un enfant coûte très cher, assure Wu Bohao, une jeune femme de 23 ans. Pour moi, avoir un enfant suffirait. » Comme elle, un grand nombre de Chinois, pour des raisons de coûts de la vie, souhaitent se limiter à un enfant. Photo AFP
La Chine a annoncé hier la fin de la politique controversée de l'enfant unique, vieille de plus de trois décennies, en autorisant tous les couples à avoir deux enfants, un tournant historique réclamé par les démographes et les économistes pour faire face au vieillissement de sa population et aux besoins de sa croissance.La mesure fait suite à un assouplissement adopté il y a deux ans, Pékin ayant déjà permis aux Chinois d'avoir deux enfants si l'un des deux parents était lui-même enfant unique. La politique de limitation des naissances, souvent décriée pour ses abus – avortements forcés notamment –, était attendue après de nombreux appels en ce sens d'experts ou d'instituts de recherche. La décision a été prise lors du Ve plénum du comité central du Parti communiste chinois (PCC), qui s'est conclu hier, après quatre jours de travaux consacrés à l'adoption du 13e plan quinquennal (2016-2020). « C'est très bien ! » s'est enthousiasmée Xiao Meng, fonctionnaire et jeune mariée pékinoise de 26 ans. « Je peux désormais décider, en fonction de ma situation personnelle – professionnelle, familiale – d'avoir ou pas un deuxième enfant », dit-elle.
La Chine a introduit la politique de limitation des naissances à la fin des années 1970 pour freiner une démographie alors galopante, précédemment encouragée sous la direction de Mao Tsé-toung (1949-1976). Mais le vieillissement de la population qui en résulte, ainsi que le déséquilibre hommes / femmes posent désormais d'énormes défis aux autorités. En 2014, il est né en moyenne 116 garçons pour 100 filles, pour un ratio total dans la population de 105 hommes pour 100 femmes. Plusieurs études officielles estiment à 30 millions le nombre d'hommes chinois dans l'impossibilité de trouver une femme. Une « crise des célibataires », potentiellement génératrice de violence et d'instabilité, hantise des autorités. Toutefois, la quasi-totalité des 55 minorités ethniques du pays n'étaient pas soumises à la politique de limitation des naissances, et les Chinois de la campagne pouvaient déjà avoir deux enfants si le premier était une fille. « Personnellement, je veux deux enfants, pour qu'ils puissent grandir ensemble, explique Xiao Meng. Mais des couples d'amis – surtout ceux qui ont déjà un enfant – n'en veulent pas un deuxième, parce qu'ils n'ont pas l'énergie suffisante pour s'en occuper. » « Élever un enfant coûte très cher », abonde Wu Bohao (23 ans), elle-même fille unique. « Pour moi, avoir un enfant suffirait », ajoute-t-elle. Comme elle, un grand nombre de Chinois, pour des raisons de coûts de la vie, de frais de scolarité, ou tout simplement d'habitude, souhaitent se limiter à un enfant. Une tendance qui, à la vue des nombreuses études publiées depuis plusieurs années, inquiète les démographes du pays.
(Source : AFP)


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