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Culture - L’Œil De L’Afej

Majdalani, Solé et Daoud : le français en héritage

Charif Majdalini, Kamel Daoud, Georges Guitton et Robert Solé. Photo Michel Sayegh

Le lancement de l'action pédagogique pilote « Bibliothèques nomades », dans le cadre du Salon du livre, a été l'occasion de disséquer l'attachement de trois écrivains francophones à une langue qui n'est pas la leur.
Charif Majdalini, Robert Solé et Kamel Daoud, écrivains francophones de renom, ont répondu aux questions de Georges Guitton, modérateur du débat.
Pour essayer de comprendre ce concept de littérature «en français hors de France», Georges Guitton interroge les trois auteurs: Pourquoi écrire en français?
Pour Solé et Majdalani, ce n'était pas un choix. Produits d'une francophonie égyptienne (Robert Solé est égyptien francophone d'origine et la mère de Majdalani était libano-égyptienne) le français s'est imposé en tant que langue littéraire. Pour Daoud, c'est une autre histoire : né dans un milieu analphabète, autodidacte, il lit sa première phrase en français à huit ans, tout seul; des mots interdits qu'il trouve dans un polar genre Série noire : « Elle s'avança vers moi, nue. » Son choix est fait.
Autre sujet : la bibliothèque qui les a marqués. Même son de cloche chez Majdalani et Solé: la Comtesse de Ségur, Tintin et le Journal de Tintin. Pour Kamel Daoud, la question ne se posait pas. Vivant dans un village, isolé, loin de tout, c'est l'enfant d'une bibliothèque désordonnée. Il lisait tout ce qui lui tombait sous la main, quitte à relire encore et encore.
Pour conclure le débat, Guitton expose les derniers opus de ces auteurs, leurs similitudes, leurs différences, trouvant une forme d'écriture en commun entre les livres de Majdalani et Solé, « une sorte de poésie qui passe et ne revient pas ». Pour Solé, « c'est une nostalgie de l'enfance, une tendance à penser que le bon temps c'était avant ». Majdalani évoque plutôt un passage entre les périodes. Pour Kamel Daoud, aussi, pas de nostalgie, puisque celle-ci est taxée d'être criminelle et condamnable politiquement. « Le temps ne passe pas, conclut-il, on ne veut pas raconter, on veut se vider. »
Initiée par deux professeurs de lettres, Lydia Cardinal et David Métivier, l'opération « Bibliothèques nomades » propose aux étudiants de 43 établissements francophones de sélectionner un livre de langue française pour l'inclure dans la bibliothèque nomade qui verra le jour dans la vieille demeure beyrouthine, The Mansion, en avril 2016.

Le lancement de l'action pédagogique pilote « Bibliothèques nomades », dans le cadre du Salon du livre, a été l'occasion de disséquer l'attachement de trois écrivains francophones à une langue qui n'est pas la leur.Charif Majdalini, Robert Solé et Kamel Daoud, écrivains francophones de renom, ont répondu aux questions de Georges Guitton, modérateur du débat.Pour essayer de comprendre ce concept de littérature «en français hors de France», Georges Guitton interroge les trois auteurs: Pourquoi écrire en français?Pour Solé et Majdalani, ce n'était pas un choix. Produits d'une francophonie égyptienne (Robert Solé est égyptien francophone d'origine et la mère de Majdalani était libano-égyptienne) le français s'est imposé en tant que langue littéraire. Pour Daoud, c'est une autre histoire : né dans un milieu...
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