L'Inde a salué l'Afrique comme un « nouvel horizon d'opportunités » économiques hier, à la veille d'un rassemblement inédit de chefs d'État africains à New Delhi, destiné à stimuler le commerce et les investissements bilatéraux.
Le ministre indien des Affaires étrangères Sushma Swaraj a ainsi déclaré que l'Inde soutenait le développement économique de l'Afrique, où elle tente de s'implanter malgré l'avance prise par son grand rival chinois dans la course aux matières premières. « Aujourd'hui, avec un commerce et des investissements considérables, l'Afrique est un horizon de nouvelles opportunités », a affirmé M. Swaraj devant les dignitaires africains réunis à Delhi. « Nous sommes intéressés par la croissance économique de l'Afrique et son intégration à l'économie mondiale », a-t-il ajouté.
Reporté depuis décembre en raison de l'épidémie d'Ebola, le sommet Inde-Afrique, qui se tiendra du 26 au 29 octobre, sera le premier du Premier ministre indien Narendra Modi et le plus important rassemblement de dirigeants étrangers en Inde depuis 1983.
Le président nigérian Muhammadu Buhari a déclaré dans un communiqué que le sommet aborderait des questions « d'intérêt commun » telles que le réchauffement climatique et le terrorisme international. « Ce sommet est le plus grand des pays africains en dehors de l'Afrique », a dit hier M. Modi.
Plus de 40 chefs d'État et de gouvernement ainsi que des hommes d'affaires sont attendus au sommet, qui rassemblera près de 1 000 délégués. La possible présence du président soudanais Omar el-Béchir, sous le coup d'un mandat d'arrêt de la Cour pénale internationale, pourrait susciter la controverse.
Les chefs d'État africains devraient arriver mercredi, avant la session principale de jeudi, qui sera suivie par des réunions bilatérales avec M. Modi. L'Inde est largement supplantée en Afrique par la Chine, dont les échanges ont atteint 200 milliards de dollars l'an dernier, soit plus que le PIB des 30 plus petites économies africaines.
Engagement tardif
Le premier sommet Inde-Afrique s'est tenu il y a sept ans seulement, bien après les réunions similaires organisées par la Chine, l'Union européenne ou le Japon. Les échanges entre l'Inde et l'Afrique se sont cependant renforcés, passant de 3 milliards de dollars en 2000 à 70 milliards en 2014, selon Delhi.
Pour l'heure, les pays africains ne comptent que pour 11 % des exportations indiennes, ce qui conduit l'organisation patronale indienne Assocham à parler de relation « largement sous-exploitée ». Si les dirigeants chinois se rendent fréquemment en Afrique, l'Inde se montre largement plus distante. « L'Inde arrive un peu tard dans la partie », estime même Sanusha Naidu, du Think Tank Institute for Global Dialogue basé à Pretoria. « L'engagement politique n'est pas à la hauteur de l'engagement économique. »
Comme pour la Chine, les ressources naturelles africaines suscitent l'appétit de l'Inde, qui importe 80 % de son pétrole. Les exportations africaines en Inde sont constituées de minéraux, métaux, pierres précieuses et produits chimiques. Mais l'essentiel va dans l'énergie, l'Inde lorgnant sur le Nigeria et l'Angola pour réduire sa dépendance envers le Proche-Orient. Quelques grandes entreprises ont investi comme l'opérateur Bharti Airtel qui a acquis le groupe koweïtien Zain, très présent en Afrique, pour 10,7 milliards de dollars. Le gouvernement indien a de son côté prêté 300 millions de dollars pour la construction d'une ligne de train entre l'Éthiopie et Djibouti, mais doit davantage intensifier ses efforts pour rattraper la Chine.
(Source : AFP)


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