Le dernier cri lancé par le ministre de l'Intérieur, Nouhad Machnouk, doit être entendu comme l'expression d'un ras-le-bol face aux pratiques politiques et sécuritaires du Hezbollah. C'est ce qu'indiquent des observateurs qui font allusion notamment aux réticences du parti chiite à l'égard du plan sécuritaire dans la Békaa, au lendemain de la diffusion d'images montrant l'un des hors-la-loi les plus recherchés dans cette région combattre aux côtés du Hezbollah en Syrie. Ce dernier avait rejoint les rangs de la formation chiite pour échapper précisément à la justice.
Dans les milieux du 14 Mars, la lassitude à l'égard du comportement des composantes du 8 Mars est notoire à la lumière du blocage exercé par le Courant patriotique libre et son allié chiite, et de l'obstruction de certains dossiers. Leurs adversaires politiques leur reprochent notamment leur ambiguïté à l'égard du pouvoir dont ils sont partenaires tout en se réclamant de l'opposition, entravant aussi bien le fonctionnement du gouvernement que l'élection présidentielle. Une attitude pour le moins inconcevable et désormais bien comprise dans les milieux diplomatiques au Liban.
Ainsi, le Hezbollah profite de la souplesse dont fait preuve le camp du 14 Mars. « Il prend sans rien offrir au retour », comme l'a souligné le chef des FL, Samir Geagea.
D'ailleurs, fait remarquer une figure de proue aouniste, la période d'attente est encore longue, le temps mort devant être comblé par la recherche constante de la stabilité sur les deux plans sécuritaire et politique. Le mot d'ordre convenu de part et d'autre est celui de la trêve, et ce, en dépit des escalades verbales occasionnelles, dont la dernière en date l'échange corsé entre le courant du Futur et le Hezbollah qui laisse transparaître de nouveaux développements, notamment au plan de la présidentielle, surtout au lendemain de l'intervention militaire russe en Syrie.
(Lire aussi : Le Hezbollah et l'Iran responsables du blocage présidentiel, estime Geagea)
Des sources proches du gouvernement ont fait état d'un message russe parvenu à des responsables libanais, affirmant que Moscou est désormais convaincu de la nécessité de séparer le dossier de l'échéance présidentielle de celui de la crise syrienne. Selon les sources, la partie russe aurait évoqué ce dossier avec l'Iran à qui elle a demandé de faciliter l'élection d'un chef de l'État. Se fondant sur des informations diplomatiques, les sources assurent que la Russie pèse de tout son poids pour aplanir cet obstacle, une volonté répercutée par les prises de position affichées par l'ambassadeur russe au Liban, Alexandre Zasypkine, lors d'un point de presse.
Le diplomate a indiqué que la Russie, qui remplit une mission ponctuelle en Syrie, ne désire aucunement voir surgir au Liban des problèmes qui entraveraient sa présence et son rôle actuel. Il est donc de l'intérêt de Moscou d'aider à la tenue de l'élection présidentielle le plus tôt possible.
La dynamique enclenchée au plan international en direction de la relance de l'échéance présidentielle ne se limite cependant pas à la seule Russie, puisque la France joue actuellement un rôle de premier rang. Selon des sources gouvernementales, le président François Hollande a informé le Premier ministre, Tammam Salam, à New York qu'il reviendra avec une réponse à ce propos après sa rencontre avec son homologue iranien, Hassan Rohani, le 15 novembre prochain. M. Salam se rendra à Paris deux semaines plus tard, soit le 30 novembre, pour prendre part au sommet climatique de l'Onu. Il en profitera pour en savoir un peu plus de M. Hollande sur la position iranienne. C'est à la suite de cette rencontre que se décidera également la visite du chef de l'État français au Liban.
M. Salam pourrait également se rendre dans plusieurs capitales arabes pour évoquer la question présidentielle. Celle-ci avait fait l'objet d'un entretien entre le chef du gouvernement et Alaeddine Boroujurdi, le président iranien de la commission parlementaire de la Sécurité nationale. M. Salam avait alors insisté sur la nécessité pour la République islamique d'aider à l'accomplissement de cette échéance, d'autant que le Liban se trouve au bord du gouffre.
Les visiteurs du Vatican ont transmis également la crainte du Saint-Siège pour l'avenir du Liban et des chrétiens à l'ombre de la vacance présidentielle, le poste de la première magistrature étant le seul dans la région à revenir aux chrétiens. Cette crainte est illustrée par le refus de certains responsables du Vatican d'accueillir des personnalités libanaises, en signe d'irritation.
Cependant, des informations en provenance des milieux gouvernementaux ont évoqué un nouveau développement dans le dossier de la présidentielle. À la phase où circulaient les noms de candidats désignés parmi les figures de proue se substituera une autre annonçant les noms de personnalités consensuelles. Actuellement, quatre noms sont en lice et sont sérieusement évoqués dans les grandes capitales.
Les sources gouvernementales parlent d'une coordination qui aurait actuellement lieu entre le Vatican, la France, la Russie, les États-Unis et l'Arabie saoudite pour débloquer la situation et mettre fin au vide. D'autant que la stabilité se trouve sérieusement ébranlée au Liban par la récente guerre verbale entre le courant du Futur et le Hezbollah.
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SI CE SONT CES NOMS QUI CIRCULENT... YIA 3AYNÉ ! LA RIGOLADE EST DE TAILLE !
07 h 59, le 24 octobre 2015