Une délégation de l'ordre de la presse conduite par Aouni Kaaki a été reçue hier par le général Jean Kahwagi, commandant en chef de l'armée, à son bureau du ministère de la Défense. Visite de solidarité à une institution injustement malmenée par la politique et dont le moral a été entamé par les coups qui lui ont été portés aussi bien par certains hommes politiques que par des médias.
Le dénigrement dont l'institution militaire est la cible dans certains milieux fait contraste avec l'appréciation, qui va jusqu'à l'admiration, que lui portent les commandements militaires occidentaux, dont le dernier en date est le commandant des forces spéciales britanniques, qui a pu inspecter le front de Ersal.
Selon une source militaire informée, ce que les Britanniques admirent le plus, c'est le moral d'acier de la troupe. La Grande-Bretagne a fourni à l'armée libanaise des équipements d'observation particulièrement précieux pour les combats de maquis sur le front de Ersal. Un front qui s'étend sur une bande de 80 kilomètres de long, dans un paysage au relief vallonné, qui, par endroits, n'offre aux militaires qu'une profondeur de champ extrêmement limitée de quelques dizaines de mètres.
Sur ce front, l'armée doit veiller en outre à la sécurité d'une agglomération sunnite, Ersal, géographiquement située dans un environnement chiite, où le moindre incident peut déclencher une spirale de violence qui ferait tache d'huile. Encore un défi immense que l'armée libanaise doit relever, sans compter une vigilance de tous les instants dont elle doit faire preuve aux frontières.
Cette situation et les développements militaires qui se produisent en Syrie rendent la situation extrêmement volatile, pense le général Kahwagi, qui l'affirme tout en anticipant les réactions de ceux qui pensent que ce danger est exagéré à des fins politiques.
Mais, effectivement, comment réagir si les raids de l'aviation russe changent de direction et provoquent un reflux des jihadistes, désormais en position défensive, vers les frontières du Liban ? Voilà une question que le commandement militaire se pose et à laquelle il doit trouver une parade. Les fronts, comme Homs, par lesquels le Front al-Nosra et le groupe État islamique peuvent s'engouffrer doivent être verrouillés, puisqu'on sait, par ailleurs, par les aveux d'un de leurs chefs capturés, que le califat autoproclamé cherche à se frayer un chemin vers la Méditerranée, par le Akkar, Denniyé et Tripoli.
« Toute la région vit le choc d'une mutation géopolitique de grande ampleur, a estimé le général Kahwagi, et nous en subissons les contrecoups. Pourquoi faut-il que la stabilité dont jouit le Liban, sur le plan interne, s'accompagne d'une crise de régime ? La situation militaire est bonne, mais elle serait bien meilleure, s'il y avait une entente politique et si les institutions fonctionnaient. »
Le plan de sécurité
En ce qui concerne le plan de sécurité dans la Békaa, le général Kahwagi a noté que « le banditisme est en recul », tout en expliquant que la lutte contre la criminalité est rendue plus difficile par la proximité des frontières, qui permet aux bandits traqués de s'enfuir. « En outre, a-t-il dit, les interventions massives se sont soldées par des échecs, la présence d'une colonne blindée étant tout de suite signalée aux bandits par leurs proches, ce qui leur donne l'occasion de s'éclipser, avant que nous puissions intervenir. »
Le général Kahwagi a laissé entendre que la troupe pourrait être plus efficace si elle disposait de plus d'effectifs, vu qu'elle hésite à transférer des troupes, pour ne pas dégarnir des fronts internes où sa présence est facteur de stabilité.
Enfin, le général Kahwagi, qui a reçu hier l'ambassadeur des États-Unis, David Hale, en visite d'adieux, a affirmé qu'en ce qui concerne les militaires et agents otages du Front al-Nosra et de l'EI depuis août 2014, « l'affaire, côté libanais, est close ». « Il est injuste de continuer à dire que l'État ne fait rien, a-t-il tranché. L'État a vraiment fait tout ce qu'il pouvait faire, le général Abbas Ibrahim (chef de la Sûreté générale) a été en Turquie, au Qatar, nous avons accepté de relâcher certains des hommes que ces groupes réclamaient. Toutefois, si nous n'avons pas eu de résultats, c'est que nous avons affaire à des gangsters et des menteurs. Par contre, nous n'avons aucun contact avec l'EI. »
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NOUS NE SUBISSONS PAS LES CONTRECOUPS !!! EH NON ! NOUS APPELONS LES COUPS ET LES CRISES DES AUTRES CHEZ NOUS ET NOUS EN CRAYONS DES PROBLÈMES CHEZ NOUS ET POUS NOUS...
14 h 59, le 23 octobre 2015