Une baisse des cours du brut sur le long terme devrait conduire à des réformes fiscales et à une hausse des emprunts publics dans les monarchies du Golfe, dont les revenus dépendent à 90 % du pétrole, a estimé hier l'agence de notation Moody's.
Moody's a revu à la baisse ses prévisions concernant les cours du pétrole pour 2015 tablant sur un prix moyen de 55 dollars le baril, contre 65 dollars auparavant. En 2016, le prix moyen devrait atteindre les 53 dollars le baril avant de remonter à 60 dollars en 2017.
Les cours du brut ont chuté de moitié depuis juin 2014 en raison d'une abondance de l'offre et d'une faible demande. Les monarchies pétrolières du Golfe devraient accuser cette année un manque à gagner de 300 milliards de dollars, selon le Fonds monétaire international (FMI). « L'impact de la baisse des revenus des hydrocarbures sur les finances publiques du CCG, ou Conseil de coopération du Golfe, devrait susciter des ajustements en 2016 », estime Steffen Dyck, un expert de Moody's. « Cela pourrait se traduire par des réductions des subventions et des mesures destinées à élargir la base des revenus non pétroliers. »
Les Émirats ont ouvert la voie en libéralisant en juin les prix des produits pétroliers alors que le Koweït a levé les subventions sur le diesel et le kérosène.
Le CCG, un bloc régional groupant les six monarchies du Golfe (Arabie saoudite, Bahreïn, Émirats arabes unis, Koweït, Oman et Qatar), « devrait afficher un déficit budgétaire combiné de près de 10 % du PIB régional en 2015 et en 2016, contre un excédent global moyen de près de 9 % dans les années 2010/2014 », écrit Moody's. Cela se traduirait par un déficit de plus de 140 milliards de dollars cette année.
Selon Moody's, la réduction des subventions à l'énergie sont parmi les options qui s'offrent aux monarchies du Golfe pour pallier la chute de leurs recettes pétrolières. Le FMI a estimé le coût direct des subventions à l'énergie dans les monarchies du CCG à 60 milliards de dollars l'an dernier, un chiffre qui peut atteindre jusqu'à 175 milliards de dollars si des coûts annexes sont pris en compte.
Moody's estime que toutes les monarchies du Golfe devraient emprunter pour combler des déficits budgétaires.
(Source : AFP)


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine