Le crédit à la consommation et les prêts aux PME ont permis aux grandes banques américaines de s'en sortir au cours d'un troisième trimestre funeste pour la spéculation, traditionnellement source de gros profits.
Bank of America (4,5 milliards de dollars de bénéfice), Citigroup (4,3 milliards) et Wells Fargo (5,8 milliards), qui prêtent de l'argent aux particuliers et aux petites et moyennes entreprises (PME) et enregistrent leurs dépôts bancaires, ont engrangé à des degrés divers de gros bénéfices trimestriels. C'est aussi le cas de JPMorgan Chase (6,8 milliards de dollars), qui a néanmoins gonflé ses profits avec des économies d'impôts.
Les grandes banques ont joué sur l'effet volume pour compenser le faible loyer de l'argent qu'elles prêtent au consommateur à des taux historiquement bas. Wells Fargo, premier fournisseur de prêts aux États-Unis, a ainsi enregistré un bond de 6,5 % des bénéfices dans cette activité, contre un recul de 8,1 % dans le reste de ses services.
Des interrogations entourent toutefois la capacité des entreprises énergétiques, affectées par la chute des prix du pétrole, à rembourser l'argent prêté par les banques. Prenant les devants, Citigroup a déjà augmenté de 275 millions de dollars l'enveloppe destinée à couvrir les pertes potentielles dans ce secteur.
À l'inverse de leurs homologues généralistes, Goldman Sachs (1,4 milliard de dollars de bénéfice) et Morgan Stanley (740 millions), deux établissements purement tournés vers les grands investisseurs et les activités de marché, ont souffert de la baisse des rendements spéculatifs. Les recettes générées par les très lucratives activités de trading des bons du Trésor, des obligations d'entreprises et d'État, des devises et des matières premières (FICC) ont chuté de 33 % chez la première et 41,5 % pour la seconde. Les traders sont mis à contribution, avec des baisses des bonus et salaires de l'ordre de 19 % chez Morgan Stanley et de 16 % chez Goldman Sachs.
Qu'elles soient tournées exclusivement vers les activités spéculatives ou les prêts et dépôts, les grandes banques américaines accusent pour la plupart un recul de leur chiffre d'affaires dû au bas niveau des taux d'intérêt américains. Chez Wells Fargo, la marge d'intérêt nette – la différence entre ce que lui coûte l'argent qu'elle emprunte et le prix qu'elle en tire lorsqu'elle le prête par la suite – s'est ainsi établie à 2,96 %, un plus bas depuis 1990.
En attendant un changement de cap monétaire, elles vont durcir à court terme leur cure d'austérité tandis que les banques d'affaires vont devoir trancher sur la taille adéquate du trading, dont le coût est élevé, estime Justin Fuller, analyste chez Fitch.
Luc OLINGA/AFP


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