Une enquête a été ouverte en juillet à Paris après une plainte pour escroquerie d'un actionnaire du fonds LSK dont Dominique Strauss-Kahn était l'un des administrateurs avant sa faillite. « À ce stade, il est prématuré de s'avancer sur le devenir de cette enquête », ouverte par le parquet de Paris et révélée hier par France Inter et Le Parisien Magazine, a mis en garde une source proche du dossier.
Les infractions reprochées dans sa plainte par un ex-actionnaire de la société LSK sont susceptibles d'avoir été commises hors du territoire national, au Luxembourg, à Chypre ou encore à Monaco, ce qui peut poser un problème de compétence juridictionnelle.
Avant d'aborder éventuellement le fond, les enquêteurs devraient convoquer le plaignant, Jean-François Ott, ancien PDG de la société immobilière luxembourgeoise Orco Property Group, pour qu'il « précise les termes de sa plainte », ajoute la source. Selon elle, Jean-François Ott pourrait notamment répondre à cette objection sur la compétence juridictionnelle en expliquant qu'une partie des quatre administrateurs susceptibles d'être mis en cause résident en France. Restera ensuite à s'assurer que DSK avait bien un rôle opérationnel dans la société, ce qu'il conteste dans une note transmise dès juillet par son avocat, Me Jean Veil, au parquet de Paris.
LSK, dont Dominique Strauss-Kahn voulait faire un fonds spéculatif de 2 milliards de dollars, a été déclarée en faillite en novembre 2014, quelques semaines après le suicide à Tel-Aviv de son fondateur, Thierry Leyne. DSK avait quitté la présidence de LSK quelques jours avant ce décès. Il avait mis en cause son ancien associé, expliquant qu'il avait contracté « une série d'emprunts excessifs ».
« À son insu »
Jean-François Ott affirme avoir souscrit à l'été 2014 à une augmentation du capital de LSK de 500 000 euros (568 225 dollars). Persuadé qu'on lui a présenté, en amont, une situation financière de LSK non conforme à la réalité, il a déposé plainte pour « escroquerie », « abus de biens sociaux » et « faux » contre les anciens administrateurs de LSK. « Mon client a participé à l'augmentation de capital en raison de la présence de DSK dans cette société et des documents qui lui ont été proposés, or LSK aurait dû déposer son bilan dès mai 2014 », avait déclaré l'avocat de M. Ott, Me Mathieu Croizet, au moment du dépôt de plainte.
Dans sa note au parquet, l'avocat de DSK jette le doute sur l'augmentation de capital de M. Ott. Elle serait « suspecte » puisque Thiery Leyne, « ami de longue date de M. Ott, s'était engagé à racheter les actions souscrites trois mois plus tard avec une plus-value de 20 % », a expliqué l'avocat. Selon Me Veil, DSK était absent au conseil d'administration du 18 juillet 2014 au cours duquel a été décidée cette augmentation de capital. Pire, sa signature électronique a été utilisée « à son insu » sur le procès-verbal, affirme l'avocat.
En avril, une source proche du dossier a révélé que LSK avait laissé un passif de près de 100 millions d'euros (113 millions de dollars) et un total de 150 créanciers, dont le fisc luxembourgeois.
Après l'affaire du Sofitel de New York conclue par un abandon des poursuites pénales et une transaction financière avec la femme de chambre l'accusant de viol en mai 2011, DSK a été blanchi en juin des accusations de proxénétisme aggravé lors du procès à Lille de l'affaire dite du Carlton.
(Source : AFP)


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