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Renée Awit, ou le cinéma comme langue universelle

Son dernier court métrage « Familiar Stranger » a fait partie de la section « Espace public » de la 15e édition du Festival international du film de Beyrouth (BIFF) qui s'est tenue du 7 jusqu'au 15 octobre. Confidences d'une jeune réalisatrice passionnée de cinéma et d'écriture.

Renée Awit.

Enfant, elle s'empressait de réclamer à ses parents d'innombrables carnets qu'elle divisait toujours en deux : d'un côté, elle dessinait des robes de princesses et, de l'autre, elle écrivait des pièces de théâtre qu'elle s'amusait à monter pour ses amis. Princesses, fées et sorcières quittaient ensuite les pages pour se mouvoir dans un décor en carton qu'elle prenait soin d'arranger. Adolescente, Renée rêvait encore de devenir styliste, mais son intérêt pour la mise en scène la poussa finalement à entamer un cursus de réalisation à l'Institut d'études scéniques et audiovisuelles et cinématographiques de l'USJ. Les étoiles du cinéma, elle pourrait peut-être les habiller autrement un jour, avec des rôles sur mesure.
Durant ses études, la jeune femme se presse de découvrir le cinéma d'ici et d'ailleurs pour comprendre ce qu'ont accompli les grands réalisateurs et pour nourrir sa créativité. « Je ressens toujours le besoin d'entretenir ma cinéphilie. Je suis avant tout une spectatrice qui aime faire des films », confie la jeune femme qui a à son actif deux documentaires et deux courts métrages de fiction. Sa passion pour les films, elle l'a d'ailleurs placée au centre de son court métrage de diplôme, dans lequel le personnage central trouve dans le cinéma une échappatoire pour dépasser ses problèmes et embellir son quotidien. Au Milieu des autres, dans lequel Renée fait un clin d'œil aux films qui l'ont marquée, est primé et projeté en 2010 dans divers festivals au Liban et à l'étranger.
« Dans mon travail, je peux être inspirée par un mouvement comme la nouvelle vague et des réalisateurs tels que Truffaut, Resnais, Demy ou Philippe Garrel, mais aussi par des films que j'ai découverts et dont il me reste quelque chose », explique la réalisatrice en herbe qui dit avoir eu la chance d'être épaulée par une équipe fidèle et talentueuse qui l'a aidée à concrétiser ses projets de films. En 2011, elle tourne son second court métrage de fiction en français, L'Une et l'autre, qu'elle aura l'occasion de faire découvrir à un public étranger lors de ses voyages en France.

Raconter des expériences humaines
Familiar Stranger, son dernier court métrage documentaire tourné en arabe et anglais, lui permet de traiter deux sujets d'actualité : le choc des cultures Orient-Occident et l'acceptation de la différence. « Ce film, raconte Renée, est le fruit d'une rencontre avec Timothy, un étudiant anglais qui a vécu au Liban pendant une année afin d'apprendre l'arabe et se familiariser avec une nouvelle culture. »
Avec sobriété, élégance et mélancolie Thimothy fait part, dans un récit intimiste, des moments forts de son séjour et raconte comment, malgré son sentiment d'appartenance et son amour pour le Liban, il est toujours perçu comme un étranger par la population locale. Dans son pays également, son intérêt pour cette région victime de conflits et de préjugés est souvent mal compris. « Ce court métrage, note Renée, est un fragment d'un film plus long que je compte développer avec d'autres personnages et la même thématique: des étrangers qui ont fait le choix de venir à Beyrouth et qui se sont, malgré tout, adaptés à leur nouvelle vie.» Familiar Stranger a participé hors compétition à la section «Espace public» du Festival international du film de Beyrouth (BIFF), constituée de films libanais, égyptiens et iraniens.
Aujourd'hui, ce qui importe le plus pour Renée, c'est de pouvoir faire des films dans lesquels elle capte des moments humains. « On parle souvent de techniques, de budget, d'entrées mais, comme disait Bergman, le cinéma commence et finit avec un visage. Ce visage c'est celui de l'homme dans toute sa splendeur ou sa décadence. J'aime croire que le cinéma est en quelque sorte une langue universelle car, par-delà les frontières, les films s'adressent à toutes les populations et racontent cet homme-là», souligne enfin la jeune femme qui espère pouvoir continuer à partager ses histoires.

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Enfant, elle s'empressait de réclamer à ses parents d'innombrables carnets qu'elle divisait toujours en deux : d'un côté, elle dessinait des robes de princesses et, de l'autre, elle écrivait des pièces de théâtre qu'elle s'amusait à monter pour ses amis. Princesses, fées et sorcières quittaient ensuite les pages pour se mouvoir dans un décor en carton qu'elle prenait soin d'arranger. Adolescente, Renée rêvait encore de devenir styliste, mais son intérêt pour la mise en scène la poussa finalement à entamer un cursus de réalisation à l'Institut d'études scéniques et audiovisuelles et cinématographiques de l'USJ. Les étoiles du cinéma, elle pourrait peut-être les habiller autrement un jour, avec des rôles sur mesure.Durant ses études, la jeune femme se presse de découvrir le cinéma d'ici et d'ailleurs pour...
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