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Le mystère des Toyota de l'EI

Syrie

Le département du Trésor américain a ouvert une enquête.

OLJ/AFP
09/10/2015

D'où viennent les pick-up Toyota, qui semblent souvent flambant neufs, à bord desquels les jihadistes de l'Etat islamique paradent en Syrie, en Irak et en Libye?

Telle est la question que se pose le Département du Trésor des Etats-Unis, rapportait, cette semaine, la chaîne de télévision américaine ABC News.

Pour tenter d'y répondre, les autorités américaines ont contacté le constructeur d'automobiles japonais qui, s'il a fait part de son soutien à l'enquête, ne semble pas avoir d'informations sur le sujet.

"Nous soutenons l'enquête du Département du Trésor américain, qui se penche plus largement sur les chaînes d'approvisionnement internationales et les flux de capitaux et marchandises au Moyen-Orient", a affirmé Toyota dans une déclaration transmise à l'AFP. "Toyota a une politique stricte qui consiste à ne pas vendre de véhicules à des acheteurs qui pourraient les utiliser ou les modifier à des fins d'activités paramilitaires ou terroristes", explique le géant de la région de Nagoya (centre). "Nous avons établi des procédures (...) dans le but d'empêcher nos produits d'être détournés en vue d'une utilisation militaire non-autorisée", mais "il est impossible pour un constructeur de contrôler les filières indirectes ou illégales via lesquelles nos véhicules" peuvent tomber entre de mauvaises mains, ajoute le fabricant qui a vendu l'an dernier au Moyen-Orient plus de 820 000 véhicules.

Les pick-up de Toyota, de même que des automobiles similaires conçues par Mitsubishi Motors, Isuzu ou Hyundai, sont particulièrement prisés par les rebelles et armées à travers le monde du fait de leur extrême robustesse et leur longue durée de vie.

D'après des responsables du contre-terrorisme américain interrogés par ABC, les jihadistes semblent avoir un faible pour les modèles Hilux et Land cruiser de la marque japonaise.

"Malheureusement, les modèles Hilux et Land Cruiser de Toyota sont effectivement devenus un élément de la marque EI", a déclaré à ABC Mark Wallace, ancien ambassadeur américain aux Nations unies et responsable de l'ONG américaine Counter Extremism Projet. "L'EI utilise ces véhicules pour des activités de type militaire et des activités terroristes", a ajouté M. Wallace, précisant que les Toyota apparaissent dans presque toutes les vidéos de l'EI.

Alors que Toyota affirme ne plus vendre directement de véhicules en Syrie depuis 2012, il semblerait que la filière d'approvisionnement des jihadistes passe par l'Irak. Selon ABC, les ventes de Hilux et de Land Cruiser ont été multipliées par trois dans ce pays entre 2011 et 2013.

L'attrait des Hilux pour les groupes rebelles remontent à la fin des années 60. "Le Hilux de Toyota est partout", déclarait à Newsweek, en 2010, Andrew Exum, ancien Army Ranger devenu chercheur au Center for a New American Security. "Ce véhicule est l'équivalent du AK-47. Il est omniprésent chez les groupes rebelles", ajoutait-il.

Les pick-up Toyota sont une arme répandue et puissante déclarait, au même média, Alastair Finlan, expert en études stratégiques à l'université britannique Aberystwyth University, parce qu'ils sont un "multiplicateur de puissance". Ils sont "rapides, manoeuvrables, très costaux et quand ils sont équipés d'une mitrailleuse, ils sont redoutables face à un véhicule légèrement blindé".

En 2006, la célèbre émission britannique Top Gear avait soumis un Hilux diesel de 18 ans à une série d'épreuves : véhicule avait été envoyé contre un arbre, immergé dans l'océan pendant cinq heures, soumis à toutes sortes d'impacts et incendié... Après ce traitement, le véhicule roulait toujours.

 

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ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

Évidemment des "TOYOTA" ! Ils n'allaient tout de même pas compter sur des Trabant ou des Lada ; yâ hassratâââh !

Kaldany Antoine

C est peut-etre les Russes, voyons !

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

C,EST PAPA NOEL QUI EN A FAIT CES CADEAUX A L,E.I. DES CENTAINES VOIRE DES MILLIERS DE VEHICULES NE PASSENT PAS COMME CA...

ACQUIS À QUI

Les groupes de bacteries de l’ei sont difficiles à toucher en raison de leur mobilité assurée par les milliers de camionnettes Toyota, sur les plateformes desquelles sont montées des mitrailleuses . Entre le moment du décollage des bombardiers russes de la base à Lattaquié et celui où ils arrivent à la verticale des bact. dans le centre et l’Est de la Syrie, il se passe 10 à 15 minutes.Pendant ce laps de temps, les bact., avec leurs camionnettes Toyota peuvent s’être déplacés de 3-5 km par rapport aux coordonnées GPS qui ont été communiquées aux pilotes russes et aux mécanismes de guidage des bombes embarquées.C’est la raison pour laquelle la plupart des frappes aériennes de l’aviation russe portaient sur des cibles fixes telles que les dépôts de carburant et de munitions, les centres de commandement et de communication, les centres de fabrication des explosifs.
Sur la base des informations recueillies grâce à ses drones d’observation, la Russie a estimé que l’ei possèderait un parc de près de dix mille Toyota Hilux et Toyota Tacoma. Cependant, les japonais de Toyota ont très clairement la preuve des ventes de première main, avec l’interdiction de livrer les camionnettes fabriquées au Japon et en Corée du Sud, à des bacteries. Toyota a fait savoir que dans sa base de données, il y a plusieurs centaines de Toyota Hilux vendues en Irak et qui pourraient avoir été capturées par l’ei.43 autres Pick-up Toyota Tacoma neufs de 2014, ont été livrés aux bact «modérés » de la Syrie .

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