Le nouveau patron de Volkswagen Matthias Müller a annoncé la couleur aux salariés du groupe hier : le scandale des moteurs truqués coûtera très cher au mastodonte automobile et des effets sur l'emploi ne sont pas à exclure.
« Les charges seront importantes, potentiellement très importantes » suite à l'aveu de Volkswagen que 11 millions de véhicules avaient été équipés de moteurs diesel truqués, a expliqué M. Müller devant 20 000 salariés rassemblés pour l'écouter au siège de Wolfsburg (Nord). « Tout cela ne se fera pas sans douleur », a-t-il martelé. Volkswagen a déjà provisionné 6,5 milliards d'euros (7,3 milliards de dollars) dans ses comptes, « mais cela ne suffira pas », et au final, « les conséquences financières et commerciales sont aujourd'hui encore impossibles à prévoir », a-t-il poursuivi. Même chose pour les conséquences sur l'emploi, même si « nous allons nous battre pour qu'elles soient aussi limitées que possible » et « tout faire pour maintenir l'emploi dans le groupe », qui compte près de 600 000 salariés.
Le groupe doit organiser un gigantesque rappel pour remettre aux normes les véhicules concernés par le scandale. Si pour certains un ajustement informatique suffira, pour d'autres « une intervention sur le moteur sera nécessaire », a précisé M. Müller. Il a réitéré sa promesse de faire la lumière sur l'affaire et a reconnu n'avoir « pas toutes les réponses » aux questions qui se posent aujourd'hui.
Selon la presse, les investigations, menées en interne et par un cabinet d'avocats américain commandité par le groupe, ainsi que par la justice notamment allemande, se concentrent sur une poignée de personnes dont le directeur de la recherche-développement d'Audi, Ulrich Hackenberg. Volkswagen a en tout cas prévu de ne pas inquiéter les petites mains chargées de l'exécution de la supercherie. Les 6,5 milliards d'euros (7,3 milliards de dollars) déjà mis de côté couvriront les coûts des rappels et remises à niveau techniques des semaines à venir. Le groupe doit d'ailleurs communiquer aux autorités allemandes aujourd'hui sa feuille de route sur les modalités de ce rappel dans le pays.
Mais au-delà, « nous devons nous attendre à de grosses pénalités. Et beaucoup pourraient profiter de l'affaire pour réclamer une indemnisation de Volkswagen », a reconnu le patron.
Aux seuls États-Unis, Volkswagen risque une pénalité maximale de 18 milliards de dollars. Volkswagen va devoir « énormément économiser », a reconnu le patron. Le groupe va notamment passer au crible tous les investissements prévus, et « tout ce qui n'est pas impératif sera supprimé ou retardé », a-t-il précisé. Volkswagen avait indiqué fin 2014 vouloir investir 86 milliards d'euros (96 milliards de dollars) sur cinq ans dans ses nouveaux modèles et sa présence mondiale. « Nous pouvons et nous allons surmonter cette crise », a promis M. Müller à ses troupes.
Mais la presse allemande, où circulait une estimation de facture totale de 50 milliards d'euros (56 milliards de dollars), spéculait déjà sur les noms de filiales susceptibles d'être mises en vente pour dégager du cash. Parmi elles, Lamborghini ou encore les motos Ducati, l'une des dernières acquisitions en date.
(Source : AFP)
Économie - « Dieselgate »
Pour le patron de Volkswagen, la sortie de crise « ne se fera pas sans douleur »
OLJ / le 07 octobre 2015 à 00h00


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