Un Iranien blessé dans la bousculade de Mina, près de La Mecque, rapatrié hier à Téhéran. Hemmat Khahi/Isna/AFP
L'Iran a fortement revu à la hausse, hier, le nombre de ses pèlerins victimes du drame de La Mecque, alors qu'un précédent bilan faisait état de 239 pèlerins iraniens morts et de 241 disparus. Selon le comité iranien d'organisation du hajj, « sept jours après ce tragique accident (la bousculade de Mina) et de recherches sans relâche (...), le nombre de pèlerins iraniens montés au paradis pendant qu'ils accomplissaient les rituels du hajj à Mina est de 464 ». Il ajoute que ce dernier bilan intervient après des recherches incessantes « dans tous les hôpitaux et centres de traitement de La Mecque, de Djeddah, de Taëf, de Mina et d'Arafat », le Croissant-Rouge iranien, chargé du rapatriement des morts, précise que la morgue principale de La Mecque a également été inspectée. Onze Iraniens blessés sont hospitalisés à La Mecque, deux à Taëf, un à Djeddah et six ont été ramenés en Iran, selon le Croissant-Rouge. Ce dernier bilan iranien ne devrait plus évoluer de manière significative, la plupart des disparus étant désormais considérés comme morts. Il en reste 16, selon le ministre iranien de l'Intérieur, Abdolreza Rahmani Fazli. Le ministre iranien de la Santé, Hassan Hachemi, qui se trouve en Arabie saoudite, a confirmé qu'un accord avait été trouvé avec son homologue saoudien, Khaled al-Faleh, pour rapatrier « au plus vite » les corps des pèlerins iraniens en Iran. « Les deux parties ont convenu du rapatriement des corps des Iraniens identifiés aussi vite que possible », avait indiqué l'agence officielle Spa tôt hier, après une réunion à Djeddah entre les deux ministres. Lors de la rencontre, le ministre saoudien a transmis à l'ayatollah Khamenei, au gouvernement et à la nation iranienne « les condoléances » du roi Selmane, a indiqué Hassan Hachemi.
Personnalités parmi les victimes
Selon l'agence de presse Isna, parmi les victimes figurent des personnalités iraniennes, dont l'ancien ambassadeur d'Iran à Beyrouth de 2010 à 2014, Ghadanfar Roknabadi, âgé de 49 ans. Le ministre de l'Intérieur est allé rendre visite à sa famille pour lui transmettre les condoléances du président Hassan Rohani. La porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Marzieh Afkham, a démenti les informations de certains médias arabes affirmant que M. Roknabadi était entré en Arabie saoudite sous un faux nom. « Il est entré avec un passeport normal pour effectuer le hajj (...). Toutes les informations sur son identité ainsi que celles des autres pèlerins disparus ont été fournies à l'Arabie saoudite », a déclaré Mme Afkham. Les médias iraniens ont publié une photo du passeport de M. Roknabadi avec un visa saoudien. Mardi, Ali Akbar Velayati, ancien ministre des Affaires étrangères et conseiller du guide suprême pour les affaires internationales, avait déclaré, sans les citer, que des Iraniens de « haut rang » faisaient « partie des disparus ou des morts ». Il a appelé l'Arabie saoudite à prendre « les mesures nécessaires » les concernant.
Pou sa part, l'ayatollah Ali Khamenei avait estimé mercredi que « le gouvernement saoudien ne (faisait) pas son devoir en ce qui concerne le rapatriement des corps » et promis de réagir « durement » s'il n'agissait pas rapidement. Il avait ajouté que si l'Iran devait réagir, les Saoudiens « ne feraient pas le poids ». Ses déclarations ont renforcé le sentiment de défiance entre l'Iran et l'Arabie saoudite qui a accusé Téhéran de « politiser » la bousculade de Mina. L'Iran chiite et l'Arabie sunnite s'opposent pratiquement sur tout – Syrie, Yémen, Liban – et s'accusent mutuellement de déstabiliser le Moyen-Orient pour pouvoir le dominer politiquement, militairement et religieusement.
(Source : AFP)


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine