Le Fonds monétaire international (FMI) met en garde contre l'impact déstabilisateur du resserrement monétaire aux États-Unis sur les entreprises des pays émergents dont la dette a flambé en dix ans, selon un rapport publié hier.
Selon le FMI, certains investisseurs ont, au cours de la dernière décennie, quelque peu délaissé les pays riches et leurs politiques de taux zéro pour placer leurs fonds dans des pays émergents où les rendements sont plus alléchants. Cet afflux de liquidités a permis aux entreprises, notamment non financières, de ces pays d'emprunter à tour de bras. Entre 2003 et 2014, leur dette a ainsi plus que quadruplé, passant de 4 000 à 18 000 milliards de dollars, selon ce rapport du FMI publié en prélude à son assemblée générale la semaine prochaine à Lima, au Pérou.
« Le niveau d'endettement dans les entreprises des marchés émergents a augmenté, particulièrement dans la construction, le pétrole et le gaz, en raison de faibles taux d'intérêt dans les économies avancées », souligne le Fonds dans son rapport. Cette hausse peut être « une bonne chose » parce qu'elle facilite l'investissement et soutient l'activité, note le Fonds, mais elle est également « porteuse de risques ».
Ces entreprises pourraient ainsi voir cet afflux de liquidités se tarir avec la perspective d'un prochain relèvement des taux directeurs de la Fed aux États-Unis, qui pourrait alimenter un vaste exil des actifs vers des pays riches et moins risqués. « Les entreprises qui sont les plus endettées risquent de faire face aux hausses les plus brutales du service de leur dette une fois que les taux monétaires dans certaines économies-clés commenceront à augmenter », assure le FMI.
Dans un rapport distinct, également publié hier, le Fonds assure plus généralement que la liquidité du marché – en clair, la facilité avec laquelle un investisseur peut revendre ou racheter un actif – pourrait également pâtir du retour à la normale monétaire aux États-Unis. Cette liquidité, aujourd'hui garantie par l'accès facile à des dollars bon marché, pourrait ainsi « s'évaporer », prévient le FMI. « Une fois que les taux auront augmenté, la liquidité (des marchés, ndlr) va probablement décliner », souligne le FMI, pointant le risque d'une forte « volatilité » financière qui serait déconnectée de l'économie réelle. « Des investisseurs pourraient retarder leurs décisions et la croissance économique en souffrir », énumère le FMI.
(Source : AFP)


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